Nguyen Minh Thuyet, l'un des députés, a même symboliquement appelé à un vote de confiance contre le Premier ministre Nguyen Tan Dung, responsable de la nomination du patron de Vinashin, aujourd'hui sous les verrous.

"Il douloureux pour moi de dire cela", a souligné le député Thuyet devant ses collègues, réunis pour le seconde session annuelle de l'Assemblée nationale, même si la procédure serait une énorme surprise dans le pays communiste. Pham Thanh Binh, patron du groupe Vinashin, avait été suspendu en juillet puis arrêté en août après que son groupe eut accumulé des dettes s'élevant, selon les médias locaux, à 4,3 milliards de dollars.

Le scandale a suscité de fortes tensions politiques peu avant le prochain Congrès du Parti communiste vietnamien (PCV), prévu en janvier et au cours duquel les postes les plus importants du régime seront affectés pour les cinq années à venir. Nguyen Tan Dung avait admis le mois dernier les "faiblesses de la gestion économique" dans cette affaire. Jugeant l'affaire "sérieuse", il avait aussi estimé que son gouvernement avait fait son "auto-critique".

Mais le député a jugé l'argument insuffisant lundi, appelant à la "mise en place d'un Comité provisoire pour enquêter sur les responsabilités du gouvernement". Huynh Ngoc Dang, un autre député, a pour sa part estimé que "le gouvernement (devait) présenter une réponse plus raisonnable sur Vinashin devant l'Assemblée nationale et le peuple".

Plus de 90% des quelque 500 députés vietnamiens sont des membres du PCV, qui détient un pouvoir absolu sur la vie politique au Vietnam.

Agence France Presse - 1er novembre 2010