"J'assume la responsabilité des limites et faiblesses" des activités de Vinashin "qui ont eu de graves conséquences", a déclaré Nguyen Tan Dung devant les députés réunis en session annuelle à Hanoï.

Le chef du gouvernement a également évoqué la responsabilité de son équipe dans la gestion "des investissements lourds et très étendus" du groupe, promettant que ses dirigeants seraient "jugés sévèrement".

"Les contrôles et les inspections ont été peu efficaces et le gouvernement n'a pas su prévenir les infractions de Vinashin", a-t-il reconnu.

Pham Thanh Binh, patron du groupe Vinashin, avait été suspendu en juillet puis arrêté en août après que son groupe eut accumulé des dettes s'élevant à 4,3 milliards de dollars soit 4,5% du Produit intérieur brut du pays en 2009, selon un rapport officiel cité par le Premier ministre.

Le scandale a été exploité par les adversaires de ce dernier au sein du Parti communiste vietnamien (PCV, au pouvoir), avant son congrès quinquennal prévu en janvier et au cours duquel Dung, comme l'ensemble des dirigeants du pays, jouera son avenir politique.

"Le Premier ministre, les vice-Premiers ministres et les ministres sont en train de faire leur autocritique, dont les résultats sur la responsabilité de chacun seront communiqués", a indiqué le Premier ministre, qui avait personnellement désigné le PDG de Vinashin.

"Le Premier ministre et le gouvernement ont pris conscience du problème et ne laisseront pas se reproduire une affaire similaire", a-t-il promis.

Début novembre, un député avait symboliquement appelé à un vote de confiance contre Dung, demandant la création d'"un Comité provisoire pour enquêter sur les responsabilités du gouvernement". Une demande rejetée par l'Assemblée car "non indispensable", selon les médias vietnamiens.

"Jamais les affaires d'un groupe public ont autant ébranlé le Parti, le gouvernement, l'Assemblée nationale et la population", a commenté de son côté un autre député le week-end dernier à la télévision.

Mercredi, Dung a par ailleurs réaffirmé sa volonté de restructurer Vinashin et de sauver la construction navale du pays, en dépit des inquiétudes de nombreux députés sur les capacités du groupe à régler ses dettes.

Le Vietnam a effectué d'importantes réformes ces dernières années pour se plier aux règles de l'économie de marché, mais sans parvenir à rationaliser certains de ses grands conglomérats publics.

Agence France Presse - 24 novembre 2010