Selon le texte signé par le premier ministre Nguyen Tan Dung et qui sera en vigueur le mois prochain, des amendes allant jusqu'à 40 millions de dong (2.000 dollars) puniront les auteurs d'informations "non autorisées" ou non conformes aux "intérêts du peuple". Le texte s'ajoute à un vaste arsenal répressif existant, a estimé le CPJ dans un communiqué.

"Ce décret vise à accroître le contrôle du gouvernement sur les médias du Vietnam, déjà sur-réglementés et régulièrement réprimés", a estimé Shawn Crispin, représentant de l'organisation pour l'Asie du sud-est, en dénonçant un "langage trop vague" donc ouvert aux interprétations du pouvoir. Le CPJ dénonce l'obligation pour les journalistes de dévoiler leurs sources et l'interdiction des pseudonymes.

Certains journaux vietnamiens, pourtant tous plus ou moins directement contrôlés par l'Etat, avaient critiqué la première mouture du décret en 2009. Le quotidien Than Nien, l'un des plus importants du pays, avait cité les propos de Trinh Thanh, un avocat de Ho Chi Minh-Ville (ex-Saïgon, sud), selon lequel les journalistes devraient protéger leurs sources dans certaines enquêtes sur des faits de corruption.

L'un de ses journalistes a été condamné à deux ans de prison en 2008 pour "abus des libertés démocratiques", après avoir contribué à révéler une affaire de corruption majeure. Un reporter du courageux quotidien Tuoi Tre a écopé pour sa part d'une peine avec sursis.

Des sources policières des deux hommes avaient été aussi condamnées. Le CPJ accuse le décret de viser aussi "la blogosphère bourgeonnante, au sein de laquelle de nombreux blogueurs publient sous pseudonyme pour éviter de possibles représailles".

Agence France Presse - 14 janvier 2011