Suivant la planification globale des chemins de fer pour 2020 et sa vision pour 2030, la réfection et l'extension du réseau ferroviaire actuel seront achevées afin de relier les ports internationaux, zones économiques, mines et centres de tourisme. La construction des lignes Lào Cai-Hanoi-Hai Phòng et Ðông Ðang-Hanoi sera également terminée. Et pour 2030, les axes urbains à Hanoi et Hô Chi Minh-Ville seront perfectionnés.

Un réseau de communication peut être considéré comme vaisseau sanguin parmi lequel, les chemins de fer sont estimés comme l'artère, les bus, taxis, les motos comme capillaires. L'expérience de nombreux pays du monde souligne l'importance de développer des noyaux urbains et cités satellites concomitamment au développement d'un réseau ferroviaire intra-muros et en banlieue. Avec la rapide croissance économique du pays, les cités urbaines apparaissent et se développent rapidement, entraînant de nombreux problèmes, dont embouteillages et accidents de la route. Or, un réseau de lignes ferroviaires permet de transporter beaucoup de personnes, sans perdre de temps ni subir de détours, et ce en toute sécurité et pour un prix raisonnable.

Les transports publics, notamment les chemins de fer, sont l'un des facteurs essentiels du développement des cités urbaines. Les bus chargent des rues vers les zones d'habitations et les taxis arrivent vers celles de petites envergures. La gare ferrée se situe dans les nouvelles zones urbaines. La compagnie Tokyu (Japon) a construit un réseau de lignes ferroviaires vers les nouvelles cités urbaines sous forme privée. Actuellement, la 5e ligne de Hanoi (au sud du lac de l'Ouest-Ngoc Khánh-Láng-Hoà Lac) intéresse nombre d'investisseurs sud-coréens et japonais qui envisagent d'investir selon les mêmes modalités que Tokyu.

Nouvelle physionomie pour Hanoi et Hô Chi Minh-Ville

Ces dix dernières années, de nombreux projets de réseau ferroviaire urbain à Hanoi et Hô Chi Minh-Ville ont été rapportés par les mass médias. L'investissement que représentent ces projets s'élève à 12,7 milliards de dollars.

La zone intra-muros de la capitale sera traversée par cinq axes ferrés : trois principaux et deux de dérivation totalisant 128 km de voies. Leur réalisation nécessite plus de sept milliards de dollars dont 80% seront financés par des aides publiques au développement (APD). D'après le ministère des Communications et des Transports, les cinq projets à Hanoi en cours de réalisation sont les lignes Ngoc Hôi-Yên Viên-Nhu Quynh, aéroport international Nôi Bài-centre-ville-Thuong Ðình, Nhôn-gare de Hanoi, Ðông Anh-Sài Ðông-Vinh Tuy-Thanh Xuân-Tu Liêm-Thuong Cát-Mê Linh, et sud du lac de l'Ouest-Ngoc Khánh-Láng-Hoà Lac.

En novembre 2009, la première enveloppe de la 3e ligne a été mise en chantier. Cette ligne traversera les arrondissements de Hoàn Kiêm, Ðông Ða, Ba Ðình, Câu Giây et le district de Tu Liêm où résident nombre de salariés et d'étudiants. D'un trajet de 12,5 km dont 4 km sous terre avec 12 stations, elle reliera le centre-ville à la banlieue dans la partie Ouest de la capitale.

D'après Nguy Nhu Nguyên, un responsable du Comité des projets de chemins de fer urbains de Hanoi, les rames de cette ligne comprendra quatre voitures et circulera à une vitesse maximale de 80 km/h, pour une capacité de transport de plus de 900 personnes par voyage.

La mégapole du Sud planifie deux réseaux, un premier de métro avec 6 lignes, et un second comprenant une ligne de tramway et 2 lignes de monorail totalisant 107 km de voies. Le budget pour les lignes de métro s'élève à près de 7,5 milliards de dollars. En février 2008, le tronçon de la gare de la ligne de métro Bên Thành (1er arrondissement)-Suôi Tiên (9e arrondissement), d'un coût de 2,3 milliards de dollars, a été lancé. En août dernier, cette ville a également lancé le chantier de la 2e ligne Bên Thành (1er arrondissement)-pont Tham Luong (arrondissement de Tân Bình), dont le coût total de 1,4 milliard de dollars est financé par des APD de la Banque asiatiques pour le développement (BAD), la Banque allemande de reconstruction et de la Banque européenne d'investissement, pour une mise en service prévue en 2016.

La BAD a décidé en décembre dernier d'accorder une aide financière de plus de 1,1 milliard de dollars pour deux grands projets de communication qui permettront de soulager les axes surchargés de Hô Chi Minh-Ville. Le projet de voie ferrée urbaine Bên Thành-Tham Luong bénéficie de 540 millions de dollars (sur un montant total de 1,4 milliard de dollars) et l'autoroute Bên Luc-Long Thành (d'un coût de 1,6 milliard de dollars), de 636 millions. La 2e voie ferrée urbaine de 11,3 km permettra de réduire de 20% la durée actuelle du trajet, et de 30% le nombre d'accidents, grâce à une capacité quotidienne de transport d'environ 213.000 personnes dès sa première année de fonctionnement en 2017, puis de 300.000 en 2020 et de plus de 700.000 en 2035, a annoncé la BAD. D'autres bailleurs de fonds interviennent dont le KfW Bankengrupe pour 313 millions de dollars, la Banque européenne d'investissement, pour 195 millions, et le gouvernement vietnamien, pour 326,5 millions de dollars.

La compagnie Idom Ingenieria Consultoria S.A (Espagne) vient de signer avec le Comité de gestion des chemins de fer urbains de Hô Chi Minh-Ville un accord d'assistance technique afin de mener les études de faisabilité des 5e et 6e lignes de métro de cette ville. D'une durée de 12 mois, ces études sont financées de 1,7 million de dollars d'aides non remboursables du gouvernement espagnol. Pour rappel, la 5e ligne de 20 km part de la station de Cân Giuôc à destination de Thu Thiêm, et la 6e ligne de 6 km part de Bà Queo au carrefour de Phú Lâm.

Pour le tramway, le Comité populaire de Hô Chi Minh-Ville a proposé en août dernier à TTI, un joint-venture entre la Compagnie de construction et de commerce Thanh Danh et la compagnie malaisienne Titanium Management, la révision du plan de financement de cette ligne. Ce projet a reçu une licence d'investissement des autorités municipales et est en attente des négociations de l'investissement. D'après Nguyên Ðô Luong, chef du Comité de gestion des chemins de fer urbains de Hô Chi Minh-Ville, si les pourparlers sur ce financement entre les autorités municipales et TTI n'aboutissent à aucun résultat, le contrat CET (Construction-Exploitation-Transfert) ne sera pas signé, entraînant un retrait de la licence d'inves- tissement. Cette voie de tramway de 12,2 km reliera le marché Bên Thành à la station de bus Miên Tây.

Enfin, la Compagnie par actions Ðat Phuong vient de proposer au Comité populaire municipal la construction de la première ligne de monorail suivant contrat CET également.

Par Quê Anh - Le courrier du Vietnam - 23 janvier 2011