Cette entrée dans l’Année du chat, Annie et sa tante Jacqueline la préparent déjà depuis un moment. Ce soir, Annie la célébrera à l’Amicale vietnamienne mais, ce week-end, c’est en famille qu’elle fêtera le Têt. Quelques amis, son fils et Jacqueline bien sûr. La jeune femme a déjà préparé son costume traditionnel et les paniers cadeaux qu’elle offrira pour l’occasion. Dedans, « tout ce qu’il faut pour la fête, préciset- elle. Bonbons, fruits confits, vin, thé, graines de lotus… »

«Une pensée particulière pour nos ancêtres.»

Plats. Le repas a lui aussi été pensé dans les moindres détails. « Nous préparons au moins sept plats traditionnels, explique Jacqueline. Le banh chung, gâteau de riz gluant garni de porc et de soja, et le gio, un pâté pur porc. Nous aurons aussi un poulet bouilli car c’est la tradition. L’eau de cuisson servira à faire une soupe avec des vermicelles. » Sans oublier le riz gluant avec des fruits rouges et le dessert à base de tapioca et de haricots. Mais cette année, pas de chou de Chine en saumure : Vania est passée par là. Annie est née au Vietnam, mais vit en Calédonie depuis vingt ans. Jacqueline, elle, est née à Thio mais est repartie vivre vingt-cinq ans au Vietnam avant de revenir s’installer sur le territoire. Fêter le Têt, pour elles deux, c’est sacré. « Chaque année nous avons trois jours de fête pour le Têt. C’est pour nous, bien sûr, mais aussi pour nos parents, nos ancêtres, confie l’aînée. Quand je vivais encore au Vietnam avec mon frère, nous faisions une prière à minuit. C’est une pensée particulière pour nos ancêtres, leur dire qu’on ne les oublie pas. » « De la même façon, nous déposons cinq fruits sur la table de prière pour Bouddha et nos parents, le 1er et le 15 du calendrier lunaire, et nous prions », ajoute Annie.

Racines. Jean-Claude, le fils, a quitté le Vietnam alors qu’il n’avait que 6 ans. Aujourd’hui, du haut de ses 27 ans, il regarde ces préparatifs avec un peu de recul : « J’ai un peu perdu la véritable notion du Têt mais je respecte tout de même la tradition. Je le fête chaque année en famille car je sais que c’est important pour ma mère. » Mais le jeune homme reconnaît que, la maturité aidant, il a de plus en plus besoin de retrouver ses racines. « Je suis retourné au Vietnam en 2004. J’ai retrouvé ma culture et j’ai été très touché. » Durant trois jours, toute la famille va vivre au rythme du nouvel an. Reste à définir qui a le meilleur « karma ». Ce sera le premier à pénétrer dans la maison demain, histoire de porter bonheur à tous durant cette nouvelle année.

Par Patricia Calonne - Les nouvelles calédoniennes - 2 février 2011