Le journaliste se trouvait à son domicile, dans la ville de Tan An, près d’Hô Chi Minh, dans le sud du Viêt Nam. Son meurtrier l’a d’abord aspergé de produits chimiques, pendant son sommeil, avant de le brûler vif.

"Nous sommes choqués par le meurtre barbare de Le Hoang Hung, et nous demandons à la police de la province de Long An de mettre tout en œuvre pour arrêter, au plus vite, les coupables, afin qu’ils soient traduits en justice", a déclaré Jean-François Julliard, Secrétaire général de Reporters sans frontières. "Nos pensées vont à la famille du journaliste. Un crime d’une telle cruauté ne doit pas rester impuni."

Au Viêt Nam, même si les médias subissent l’arbitraire et le harcèlement des autorités, très rares sont les agressions mortelles contre les journalistes. Le dernier cas de journaliste tué dans le pays remonte au 21 janvier 1988, date à laquelle Duong Hung Cuong avait trouvé la mort en détention. Le 7 mars 1979, un journaliste japonais, Isao Takano, avait été abattu d’une balle dans la tête à Lang Son, à la frontière entre le Viêt Nam et la Chine.

Le Viêt Nam figure au 165ème rang sur 178 du classement mondial 2010 de la liberté de la presse, élaboré par Reporters sans frontières.

Tran Thi Lieu, la femme du journaliste, raconte au quotidien Tuoi Tre, qu’elle se trouvait dans une autre pièce avec ses enfants, quand elle a vu son mari, en feu, accourir et crier : " Aidez-moi ! Quelqu’un a essayé de me tuer !". Elle l’a alors poussé dans la salle de bain pour éteindre les flammes, avant de l’emmener à l’hôpital. Son mari avait reçu plusieurs menaces anonymes de mort par SMS, quelque temps avant l’attaque.

Selon un journaliste local, il s’agirait certainement d’un acte de vengeance. Le Hoang Hung écrivait des articles sur des affaires de prostitution, de toxicomanie, de crime organisé, et sur les différentes organisations criminelles vietnamiennes et cambodgiennes.

Reporters Sans Frontière - 1er février 2011