Le cours interbancaire du dong vis-à-vis du dollar a été modifié de 9,3%, à 20.693 pour un dollar, contre 18.932 auparavant, a indiqué la Banque centrale du pays communiste, qui a aussi réduit de 3 à 1% la marge de fluctuation du taux des échanges interbancaires.

Alors que plusieurs monnaies de la région se sont fortement appréciées en 2010 sous l'effet de l'arrivée massive de capitaux étrangers, le dong (non convertible) ne cesse de chuter. La Banque centrale l'avait déjà dévalué en novembre 2009, ainsi qu'en février et août derniers.

La dévaluation a pour objectif "d'assurer la liquidité du marché, de contribuer à réduire le déficit commercial et de soutenir la mise en oeuvre de politiques monétaires plus actives et flexibles", a indiqué un communiqué de la Banque.

L'inflation a atteint 12,7% en janvier en glissement annuel et le déficit commercial s'est élevé à un milliard de dollars pour le premier mois de l'année.

Le pays affiche une croissance forte depuis de nombreuses années, dont 6,8% l'an passé. Mais les bailleurs de fonds internationaux avaient récemment prévenu que cette croissance serait menacée sans un combat efficace contre l'inflation et la faiblesse de la monnaie.

La Banque mondiale avait par ailleurs souligné que la proportion anormalement importante de réserves détenues hors du système bancaire faisait pression sur la monnaie. Beaucoup de Vietnamiens continuent de se réfugier dans le dollar ou l'or.

En janvier, lors de son dernier congrès quinquennal, le Parti communiste (PCV, au pouvoir) avait tracé les grandes lignes de sa stratégie de développement pour les années à venir, reconnaissant un besoin de "stabiliser l'économie".

"Le Vietnam a, dans son propre intérêt, besoin d'une inflation moins importante et de déficits réduits plutôt que d'une forte croissance", relevait pour sa part récemment la société londonienne Capital Economics.

Les agences internationales de notation Moody's et Standard & Poor's ont toutes deux abaissé leurs notes sur le Vietnam à la fin de l'année dernière.

Leurs analystes craignent un effondrement du système bancaire et des conséquences néfastes de la banqueroute du conglomérat de construction navale publique Vinashin, qui a perdu 4,4 milliards de dollars.

Agence France Presse - 11 février 2011