La décision, forcément impopulaire, était prévisible après la dévaluation du dong au début du mois, qui a lourdement pesé sur le prix des carburants importés, pour la quatrième fois depuis fin 2009.

Les conducteurs de motos ont pris d'assaut les stations-services jeudi matin, dans l'espoir de faire le plein avant l'augmentation, effective en milieu de matinée, de 16.400 (57 centimes d'euros) à 19.300 dong le litre.

Le mois prochain, l'électrivité augmentera aussi de 15%.

Les prix des carburants sont contrôlés et subventionnés par l'Etat vietnamien, qui ajuste ainsi ses prix en fonction des cours mondiaux. Ces derniers ont atteint des niveaux record depuis plus de deux ans après les violences en Libye, qui détient les plus importantes réserves d'or noir en Afrique.

Le Vietnam a connu une inflation en hausse constante depuis le mois d'août, atteignant les 12,17% en janvier en rythme annuel, soit beaucoup plus que tous ses voisins dans la région.

Pour tenter de l'éradiquer, le Premier ministre a promis de réduire de 10% les dépenses publiques, notamment en reportant des projets jugés non essentiels, selon l'agence vietnamienne d'information.

Nguyen Tan Dung a par ailleurs tenu jeudi une réunion par internet avec des responsables locaux sur cette question.

Selon le site du gouvernement, il a demandé aux nombreux et importants groupes publics du pays de vendre des devises étrangères aux banques.

L'opération permettrait notamment de gonfler les réserves en devises de la Banque centrale, qui pourrait ainsi peser sur le cours du dong et s'en servir contre l'inflation, a expliqué l'économiste Le Dang Doanh.

L'expert a jugé cette décision significative de la volonté du pouvoir de stabiliser les grands indicateurs de l'économie. Le Vietnam a affiché l'an passé un déficit commercial de 12,4 milliards de dollars.

Agence France Presse - 24 février 2011