Selon le rapport du 14 mars de l'IEN, aucune radioactivité anormale n'a été détectée. "L'explosion survenue à Fukushima étant au niveau 4, ses influences ne peuvent s'exercer que sur les régions environnantes. Pourtant, l'IEN continuera de suivre de près la situation ", a affirmé le vice-professeur et Docteur Vuong Huu Tân, directeur de l'IEN. A la demande du ministère des Sciences et des Technologies, son institut a pour tâche d'étudier la nature de cet accident, afin de "tirer des expériences" en faveur du programme nucléaire du Vietnam. "Ce travail a besoin de temps et d'informations complètes ", a-t-il ajouté.

Pour Vuong Huu Tân, "il n'y a absolument aucun risque d'un nouveau Tchernobyl". Selon lui, la conception de la centrale nucléaire de Fukushima lui a permis de bien résister à un séisme de magnitude 9 puis au tsunami. Le seul point faible : le système de refroidissement des réacteurs, qui n'a pu assurer sa fonction en raison du raz-de-marée. Ainsi, en cas d'urgence, il faudrait avoir recours à un système de sécurité passif.

Les systèmes de sécurité dits passifs constituent une évolution innovante de cette dernière décennie. Ils reposent sur des lois de la nature telles que la gravité. Contrairement aux systèmes de sécurité actifs, les systèmes passifs ne nécessitent aucune pompe ni soupapes actionnées par un moteur, et fonctionnent sans apport d'énergie extérieure. En cas de dysfonctionnement grave dans la centrale, ils n'ont pas besoin de l'intervention de l'homme ou de la technique pour remplir leur fonction. Nombreux sont les systèmes de réacteurs de troisième génération à être dotés de tels systèmes de sécurité passifs.

La centrale nucléaire de Fukushima, de 2e génération, a été construite dans les années 1970 - 1980 où le principe de sécurité passive n'était pas encore appliqué.

Concernant la future centrale nucléaire du Vietnam, Vuong Huu Tân a cité la résolution de l'Assemblée nationale affirmant qu'il faudra utiliser des réacteurs modernes, pour répondre aux besoins à la fois en matière de sécurité et d'économie. "Nous avons choisi les réacteurs de 3e génération, à système de sécurité passive, a éclairé le directeur de l'IEN. En cas d'accident similaire à celui de la centrale de Fukushima, la future centrale nucléaire vietnamienne sera capable de refroidir automatiquement de réacteur, sans besoin de recourir à une aide humaine ou à une source énergétique supplémentaire".

L'ambassade du Vietnam au Japon dépêche une mission à Sendai

L'ambassade du Vietnam au Japon a informé qu'elle a envoyé le 15 mars une mission vers les villes de Sendai (province de Miyagi) et de Fukushima (province du même nom) pour aider les citoyens vietnamiens à sortir de ces deux régions ravagées par le tsunami qui a suivi le séisme du 11 mars. Selon les prévisions, le convoi de la mission arrivera le 16 mars dans ces localités, exactement à l'hôpital de Tohoku (Sendai) et à l'aéroport de Fukushima. Le retour doit se faire le 16 mars également, en compagnie de citoyens vietnamiens. L'itinéraire de la mission, avec horaires et lieux précis, a été communiqué à l'avance à la communauté vietnamienne locale.

Vietnam Airlines facilite le retour des Vietnamiens au Japon

Selon le porte-parole de Vietnam Airlines, Lê Hoàng Dung, afin de faciliter le retour des Vietnamiens travaillant au Japon et qui ont déjà acheté un billet d'avion, Vietnam Airlines a décidé d'exempter de frais de remboursement ou de changement de billet, pour la période du 11 mars au 10 mai. En outre, la compagnie est disposée à faciliter l'achat d'un billet au Vietnam par des membres de la famille de ces personnes.

À présent, Vietnam Airlines ont ouvert huit lignes reliant Hanoi ou Hô Chi Minh-Ville à quatre grands villes japonaises : Tokyo, Osaka, Nagoya et Fukuika. Avec une fréquence de 46 vols par semaine.

Au Japon, les 600 travailleurs contractuels de Bên Tre sont sains et saufs

Plus de 600 Vietnamiens de la province de Bên Tre travaillant au Japon selon des contrats d'envoi de main-d'œuvre sont actuellement en toute sécurité et n'ont pas eu à souffrir des récentes catastrophes naturelles, selon le Service du travail, des invalides de guerre et des affaires sociales de cette province du delta du Mékong. Ils travaillent dans le Sud du Japon, épargné par les récents séisme et tsunami.

Par Nghia Dàn - Le courrier du Vietnam - 16 mars 2011


Sécurité maximum garantie pour les centrales nucléaire

Le Vietnam mettra en chantier sa centrale nucléaire de Ninh Thuân 1 en 2014 pour l'inaugurer en 2020. Premier de ce type au Vietnam, ce projet intéresse de près l'opinion publique, en particulier sur le plan de la sécurité.

Sueo Machi, ancien directeur général adjoint de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), ancien commissaire de la Commission japonaise de l'énergie atomique, coordinateur du Forum de coopération nucléaire en Asie (FNCA) a accordé une interview au journal Công an nhân dân (Police populaire) sur la sécurité des centrales nucléaires. L'interview a été donnée en marge d'une conférence des coordinateurs du projet médiatique sur le développement de l'énergie nucléaire des pays membres du FNCA, tenu en février à Hanoi.

À votre avis, quels facteurs peuvent contribuer à garantir une sécurité maximale pour l'exploitation des centrales nucléaires ? Avez-vous des remarques à faire relatives aux conditions spécifiques du Vietnam ?

Le facteur sécurité a été considéré en premier lieu dans la conception des centrales au Vietnam. Si pendant le fonctionnement, une erreur quelconque est commise, un système spécifique de la centrale prendra en charge la réparation de cette erreur. Cependant, le rôle des personnes responsables du fonctionnement de la centrale est très important. Ces personnes doivent bénéficier d'une formation approfondie, notamment via le matériel de simulation. Les activités d'entretien sont aussi nécessaires pour éviter des incidents regrettables.

Le Japon aidera le Vietnam à construire sa 2e centrale nucléaire. Pourriez-vous nous présenter brièvement les technologies que le Japon va transférer au Vietnam ?

Je suis ravi que les gouvernements vietnamien et japonais soient parvenus à un accord de coopération selon lequel le Japon aidera le Vietnam à construire sa 2e centrale nucléaire. Avec ses 45 ans d'expériences dans l'exploitation de ses centrales nucléaires, le Japon transfèrera ses technologies au Vietnam. Le Japon dispose actuellement de deux types de technologies : les réacteurs à eau pressurisée (REP) et les réacteurs à eau bouillante (REB). La décision concernant le choix de la technologie appartient au gouvernement vietnamien. Une fois la décision prise, le Japon transférera l'intégralité des technologies.

En plus de la technologie, le Japon a-t-il d'autres assistances à proposer au Vietnam, tels le financement ou la formation des ressources humaines ?

Le Japon fournira au Vietnam un package complet. En 2010, le Japon a formé entre 50 et 60 cadres vietnamiens dans le domaine de l'électricité nucléaire. Prochaine- ment, le Japon continuera à assister le Vietnam dans la formation des ressources humaines au service de l'exploitation des futures centrales nucléaires.

Pour construire une centrale nucléaire, le plus difficile est de convaincre du bien-fondé de l'ouvrage les populations vivant à proximité. Elles ont en effet des raisons de s'inquiéter à propos de leur sécurité et de l'impact de l'ouvrage sur l'environnement. Votre analyse ?

Dans ce domaine, le Vietnam et le Japon sont bien différents. Le deuxième a subi des catastrophes nucléaires avec le largage des deux bombes atomiques et c'est un pays pauvre en ressources naturelles. Environ 80% des Japonais acceptent les centrales nucléaires pour assurer la sécurité énergétique nationale. Cependant la moitié d'entre eux se soucient toujours de la manière d'opérer pour faire fonctionner les centrales nucléaires en toute sécurité. Au Japon, la production de l'hydroélectricité n'occupe seulement que 4% de la production électrique nationale alors que l'électricité nucléaire en représente 14%. L'objectif du Japon à l'horizon 2030 est de porter la proportion de l'électricité nucléaire dans la production électrique nationale à 50%.

Au Vietnam, les ressources gazo-pétrolières et charbonnières sont abondantes, mais la demande en électricité de la société est en perpétuelle croissance, ce qui exige d'autres nouvelles sources d'énergie. L'électricité solaire, en dépit du fait qu'elle soit propre, coûte néanmoins dix fois plus cher à produire que l'énergie nucléaire. L'électricité éolienne coûte également deux fois plus cher que l'électricité nucléaire. Donc, le développement de l'énergie nucléaire est nécessaire au Vietnam. Les gens ne devraient pas trop se préoccuper du problème de la sécurité des centrales parce que les technologies actuelles sont très avancées, et donc très sûres.

Comment évaluez-vous les relations de coopération entre l'AIEA et le Vietnam dans le domaine de l'énergie atomique ?

J'ai travaillé pour l'AIEA pendant 12 ans. Je pense que l'AIEA peut jouer un rôle important en aidant le Vietnam dans l'application de la radiation et dans le développement de l'énergie nucléaire. Le gouvernement vietnamien a préconisé la construction de centrales nucléaires il y a dix ans. Avec son expérience, l'AIEA a beaucoup aidé le Vietnam tant dans la formation des ressources humaines que dans le partage d'expériences.

Selon Lê Van Hông, directeur adjoint de l'Institut national de l'énergie atomique, le Vietnam fera face à une grave pénurie d'électricité s'il ne construit pas de centrales nucléaires :

La demande en électricité au Vietnam augmente de 15-16% par an alors que les sources hydroélectriques et thermiques montrent de plus en plus leurs limites. Nous sommes contraints d'importer du charbon étranger pour produire de l'électricité. Si le pays ne se lance pas dans les projets d'électricité nucléaire, la pénurie ira en s'aggravant.

Actuellement dans le monde, 31 pays utilisent l'électricité nucléaire. Cette source d'énergie représente 16% de la production électrique mondiale. Par conséquent, l'État vietnamien a approuvé le programme de développement de l'électricité nucléaire pour préparer la construction de la première centrale. La construction des centrales nucléaires doit se faire avec une vision à long terme, d'un siècle. Après 2015, nous serons obligés d'importer de l'énergie. Il est donc temps pour nous de trouver une nouvelle source d'énergie pour répondre aux besoins. Je pense que, en plus des énergies renouvelables et du charbon importé, nous devons développer l'électricité nucléaire. Comme prévu, la première centrale pourra fonctionner en 2020.

Par Linh Thao - le courrier du Vietnam - 17 mars 2011