L’Association de l’investissement des Finances du Vietnam (VAFI) a soumis une proposition au ministère des finances, du transport, du commerce et de la sécurité routière.

Il s’agirait d’une surtaxe. Les voitures « propres », celles vendues dans des zones rurales ou construites au Vietnam (avec au moins 50% de pièces produites sur place) en sont dispensées. Puis la taxe augmente en fonction du prix du véhicule. Lorsque le prix de vente dépasse le triple de celui d’une « voiture normale », c’est là que la surtaxe peut atteindre 5, voir 10 fois, le prix de vente du véhicule.

Ce n’est qu’un projet soumis par un organisme. Le ministère n’a pas donné son avis et on sait donc pas s’il y aura une suite.

Mais il s’agit d’un projet intéressant, car il recoupe plusieurs phénomènes. D’une part, en toile de fond, il y a une classe de nouveaux riches Vietnamiens aux gouts ostentatoires. Le pays a longtemps été adepte d’un communisme austère. Les gens sont interloqués, d’autant plus que cette élite s’est souvent enrichie dans des conditions controversées et qu’elle fait preuve de mépris vis-à-vis du petit peuple. Il s’agit néanmoins d’un non-dit, qui n’apparait pas dans le texte. Il y a une motivation écologique. Les rédacteurs considèrent qu’il y a déjà trop de voitures au Vietnam. D’où aussi l’exemption pour les voitures « propres ».

Accessoirement, l’état a besoin d’argent et les goûts de luxe des nouveaux riches (friands de marques occidentales) aggravent le déficit. La surtaxe permettrait de remplir les caisses et elles dissuaderait les gens d’acheter des voitures premium importées. Enfin, pour faire plaisir à l’état, le volet sur le « made in Vietnam » est accompagné d’un laïus sur les compétences de la main d’œuvre local. Il faudrait donc inciter les constructeur a bâtir de vraies usines sur place. Kia-Hyundai, qui a déjà un projet, ne peut que se frotter les mains…

VietnamCar / leblogauto.com - 3 juin 2011