Ils l'ont arrêté alors que sa santé n'est pas très bonne, a déclaré ce proche à l'AFP. Sa maladie n'est pas encore finie. Il ne peut pas bien marcher.

Le père Ly, dont les Etats-Unis prennent la défense depuis des années, avait été condamné en 2007 à huit ans de prison pour propagande contre l'Etat, notamment accusé d'être à l'origine du bloc 8406, un mouvement pro-démocratie né le 8 avril 2006 et appelant au multipartisme dans un pays où le Parti communiste exerce un pouvoir sans partage.

Sa peine avait été suspendue pour un an par la justice en mars 2010 et Ly avait alors précisé avoir été autorisé à être traité pour une tumeur au cerveau. Mais il ne s'agit pas d'un cancer, a précisé mardi ce proche.

Juste avant l'expiration de la période d'un an en mars, une porte-parole du gouvernement avait précisé qu'il serait réincarcéré si sa santé était meilleure.

Dans son édition de mardi, le quotidien officiel Vietnam News a souligné que lors de sa liberté provisoire, le sexagénaire avait continué de s'engager dans des activités contraires à la loi, comme la distribution de documents opposés à l'Etat et incitant la population à troubler l'ordre public.

Alors que les organismes compétents ont prolongé le délai accordé pour son traitement et l'ont réprimandé plusieurs fois, Ly a continué à défié la loi, a-t-il ajouté.

Lors de son dernier procès en 2007, Ly, condamné plusieurs fois depuis les années 1970, avait défié la cour. Il avait dénoncé une loi de la jungle, avant qu'un policier ne lui recouvre la bouche. Les juges avaient bouclé les débats et rendu leur verdict en trois heures et demie.

Son arrestation lundi est intervenue à la veille d'un vote purement formel de l'Assemblée nationale qui doit reconduire pour cinq ans le Premier ministre Nguyen Tan Dung. Un nouveau mandat que les défenseurs des droits de l'Homme craignent annonciateur de temps plus difficiles encore pour la dissidence.

Agence France Presse - 26 jullet 2011