Il n'y a pas de trafic de bois ou d'abattage au Laos de la part de l'armée Vietnamienne, a immédiatement démenti la porte-parole du ministère vietnamien des Affaires étrangères, Nguyen Phuong Nga, assurant que son pays était très attentif à la protection des forêts.

Le rapport de l'Agence d'investigation sur l'environnement (EIA) publié jeudi dénonce le rôle pivot joué par l'armée vietnamienne et en particulier par la Compagnie de coopération économique (COECCO), propriété de l'armée, dans le trafic de bois.

L'armée vietnamienne doit être exclue des opérations d'abattage au Laos, a réclamé Faith Doherty, responsable du secteur forêt de l'ONG basée à Londres.

Les forêts, dont la population majoritairement rurale continue à dépendre pour son alimentation, couvraient dans les années 1940 quelque 70% du territoire laotien. Mais ce pourcentage est tombé à 41% en 2002, selon l'EIA, qui craint une chute à 30% d'ici 2020.

L'interdiction d'exportations de bois brut décidée par Vientiane est ignorée de façon flagrante, a ajouté Faith Doherty. Notamment grâce à la corruption généralisée dans l'administration laotienne en charge des forêts, selon le rapport.

En juin, le Premier ministre laotien Thongsing Thammavong avait ordonné aux autorités de renforcer les mesures contre ce trafic, selon le quotidien officiel Vientiane Times, qui avait noté le rôle des responsables corrompus dans l'augmentation du commerce illégal de bois.

Selon l'EIA, au moins 500.000 m3 de bois, d'une valeur de plus de 150 millions de dollars, passent chaque année la frontière entre le Laos et le Vietnam. Les produits transformés, notamment des meubles, sont ensuite exportés vers les Etats-Unis et l'Union européenne malgré leurs législations interdisant les importations de bois illégal.

Le Vietnam, qui a pris des mesures sur son territoire, a quasiment annexé des parties du Laos pour nourrir son industrie de transformation du bois en plein boom, a souligné Julian Newman, de l'EIA, notant toutefois que beaucoup d'entreprises vietnamiennes utilisaient du bois certifié.

Agence France Presse - 28 juillet 2011