Cu Huy Ha Vu, un avocat formé en France, s'est dit innocent de toutes les accusations portées contre lui, notamment celle d'avoir diffusé de la propagande contre l'État, affirmant qu'il s'agissait d'une conspiration.

Devant la cour, M. Vu a déclaré qu'il ne s'opposait pas au Parti communiste du Vietnam. Il a indiqué avoir seulement demandé l'instauration d'un système multipartite qui permettrait la compétition «dans l'intérêt ultime du peuple et de la nation».

Les procureurs, de leur côté, ont fait valoir que M. Vu avait violé la sécurité nationale et abusé de sa liberté d'expression.

Le procès de M. Vu était perçu comme un test pour le gouvernement, compte tenu de la réputation de sa famille dans l'histoire du Vietnam. Il est le fils de Cu Huy Can, un célèbre poète vietnamien qui a fait partie des leaders révolutionnaires du gouvernement formé par Ho Chi Minh lors de la déclaration d'indépendance du Vietnam, en 1945.

L'arrestation et le procès de M. Vu, en avril, avaient suscité de nombreux commentaires sur Internet, plusieurs estimant que la peine qui lui avait été imposée était trop sévère.

M. Vu, qui est titulaire d'un doctorat en droit de la Sorbonne mais qui n'a pas le droit de pratiquer au Vietnam, a tenté à deux reprises de poursuivre le premier ministre, la première fois pour un projet minier controversé, la deuxième quand le premier ministre a empêché des poursuites en recours collectif. Ses deux tentatives se sont soldées par un échec.

Il a été condamné pour avoir appelé à la fin du parti unique, pour diffamation contre l'État, pour avoir demandé l'abolition du conseil de direction du Parti communiste et pour avoir qualifié la guerre avec les États-Unis de guerre civile.

La cour d'appel a maintenu le verdict et la peine mardi, affirmant qu'il n'y avait pas de raison de les rejeter.

Le porte-parole du département d'État américain, Mark Toner, a appelé le gouvernement vietnamien à libérer M. Vu et tous les prisonniers d'opinion. «Personne ne devrait être en prison pour avoir exercé sa liberté d'expression», a dit M. Toner lors d'une conférence de presse à Washington.

Human Rights Watch a critiqué le procès initial du dissident. «Le Dr Vu a été emprisonné pour des raisons politiques durant un procès qui n'a pas respecté ses droits», a déclaré mardi le responsable de l'organisation pour l'Asie, Phil Robertson, dans un communiqué.

Un dizaine de partisans de M. Vu s'étaient rassemblés devant le tribunal d'Hanoï mardi, avant que la police n'évacue le secteur. Une femme portait une pancarte affirmant: «Mon frère est innocent».

The Associated Press - 2 août 2011