Un des nouveaux points de l'arrêté sur la gestion des travailleurs étrangers au Vietnam est de supprimer l'obligation de permis de travail pour les étrangers qualifiés. En revanche, ceux non qualifiés doivent toujours en posséder un.

Selon le Département de l'emploi (ministère du Travail, des Invalides de guerre et des Affaires sociales), en mai dernier, le pays comptait plus de 74.000 travailleurs étrangers, dont la plupart titulaires d'un permis de travail.

Le nombre de travailleurs étrangers augmente fortement depuis trois ans. Si l'on enregistrait en 2008 quelque 52.633 travailleurs, il y en avait 56.929 en 2010, originaires de 60 pays (60 % de nationalité asiatique comme Chine, Japon, République de Corée ; 28,5% de nationalité européenne...). Sur ce nombre, 48,3% sont au niveau universitaire et postuniversitaire.

Selon Lê Quang Trung, directeur adjoint du Département de l'emploi, cette augmentation du nombre de travailleurs étrangers au Vietnam s'explique par le fait que ces dernières années, les investisseurs étrangers se ruent vers le Vietnam dans des secteurs qui exigent une qualification et une expérience professionnelles importantes, ce qui fait cruellement défaut ici. Par ailleurs, le Vietnam ne dispose d'encore aucun personnel pour certaines fonctions bien précises. L'on comprend ainsi aisément pour quoi il y a tant d'étrangers travaillant sur le territoire vietnamien.

Cependant, selon un responsable du ministère du Travail, des Invalides de guerre et des Affaires sociales, actuellement, les activités de gestion des travailleurs étrangers au Vietnam sont encore faibles. L'ancien arrêté 34/CP du gouvernement sur le recrutement et la gestion des travailleurs étrangers au Vietnam, en vigueur depuis avril 2008, stipule que les étrangers qui travaillent au Vietnam moins de trois mois ne doivent demander l'obtention d'un permis de travail.

En profitant et abusant de ces règlements, plusieurs entreprises et adjudicataires ont embauché des travailleurs étrangers sans qualification alors que dans le même temps, un nombre important de travailleurs domestiques étaient à la recherche d'un emploi. De plus, à aucun moment le gouvernement n'a donné son accord pour le recrutement de main-d'œuvre étrangère pour les travaux manuels et simples.

D'après M. Trung, quelques formalités administratives ont été simplifiées pour le nouvel arrêté. Les nouvelles règlementations plus concrètes et précises (moins sujettes à l'interprétation) permettent de gérer rigoureusement les travailleurs étrangers et de créer des opportunités d'emploi pour les travailleurs du pays. Les inspections, contrôles seront multipliés, et les sanctions en cas d'infraction(s) seront systématiques et plus lourdes.

Afin de limiter le nombre de travailleurs étrangers au Vietnam, selon M. Trung, il faut, en dehors du renforcement de la gestion des organismes concernés, que les entreprises et employeurs "prennent conscience du problème", sachant que la solution la plus efficace et la plus profitable économiquement parlant est d'"améliorer la qualité des travailleurs domestiques à travers la formation professionnelle". Les opportunités seront ainsi élargies, non seulement dans le pays mais aussi à l'étranger.

Par Huong Linh - Le courrier du Vietnam - 10 août 2011