Un enseignant franco-vietnamien condamné à trois ans de prison pour tentative de renversement du pouvoir
Par Vietnam aujourd'hui le mercredi 10 août 2011, 21:22 - Infos en français - Lien permanent
HANOI — Un professeur de mathématiques franco-vietnamien a été condamné mercredi à Ho Chi Minh-Ville à une peine de trois ans d'emprisonnement pour appartenance à un groupe défendant la démocratie, interdit par les autorités, et un blog anti-communiste, a-t-on appris auprès de son avocat.
Paris a vivement déploré la condamnation de Pham Minh Hoang, souhaitant un réexamen de la décision de justice pour que cet homme âgé de 56 ans "puisse recouvrer sa liberté au plus vite".
Pham Minh Hoang a été reconnu coupable de tentative de renversement du gouvernement via la mise en ligne de 33 articles hostiles au régime communiste monopartite ainsi que d'appartenance au groupe Viet Tan, interdit par les autorités, et de recrutement de membres.
Le mouvement Viet Tan, basé aux Etats-Unis, se présente comme un groupe non-violent plaidant en faveur de la démocratie. Mais Hanoï le considère comme une organisation terroriste, allégation au sujet de laquelle les responsables américains disent n'avoir trouvé aucun élément de preuve.
"La France déplore vivement la condamnation de Pham Minh Hoang, professeur de mathématiques, à une peine de trois ans de prison ferme suivie de trois ans de résidence surveillée pour 'tentative de renversement du pouvoir populaire'", a déclaré la porte-parole adjointe du Quai d'Orsay Christine Fages lors d'un point de presse électronique.
"Nous souhaitons que cette décision soit reconsidérée afin que Pham Minh Hoang puisse recouvrer sa liberté au plus vite", a-t-elle ajouté, précisant que Paris avait adressé plusieurs messages aux autorités vietnamiennes pour qu'une issue favorable soit trouvée à la situation de l'enseignant de nationalité française, arrêté le 13 août 2010.
Depuis son interpellation, Pham Minh Hoang a bénéficié de la protection consulaire et un "contact régulier est établi en France comme au Vietnam avec sa famille et ses proches", selon le ministère des Affaires étrangères, qui rappellement l'attachement de la France au "respect de la liberté d'opinion et d'expression, y compris sur internet".
Au cours de son procès, qui a duré une demi-journée, Pham Minh Hoang a expliqué qu'il avait rejoint les rangs de Viet Tan en France, où le groupe n'est pas interdit, et n'avait rien fait pour s'opposer au gouvernement vietnamien, selon son avocat Tran Vu Hai.
L'enseignant, professeur de mathématiques dans une université d'Ho Chi Minh-Ville au moment de son interpellation, a aussi précisé, d'après son avocat, qu'il était retourné au Vietnam en 2000 pour apporter sa contribution au développement du pays et s'occuper de ses parents.
C'est le deuxième procès d'un dissident au Vietnam en un peu plus d'une semaine, après celui de Cu Huy Ha Vu, dont la peine de sept ans de prison a été confirmée par une cour d'appel à Hanoï. Une décision immédiatement critiquée par des militants, les Etats-Unis et l'Union européenne.
The Associated Press - 10 août 2011
Vietnam - Condamnation de Pham Minh Hoang
La France déplore vivement la condamnation de M. Pham Minh Hoang, professeur de mathématiques, à une peine de 3 ans de prison ferme suivie de 3 ans de résidence surveillée pour "tentative de renversement du pouvoir populaire". Arrêté le 13 août 2010, Pham Minh Hoang est accusé d’avoir exprimé des opinions critiques envers le gouvernement vietnamien.
De nationalité française, Pham Minh Hoang a bénéficié dès son arrestation de la protection consulaire. Un contact régulier est établi en France comme au Vietnam avec sa famille et ses proches.
Les autorités françaises ont adressé à plusieurs reprises des messages aux autorités vietnamiennes pour qu’une issue favorable soit trouvée à la situation de Pham Minh Hoang.
Nous souhaitons que cette décision soit reconsidérée afin que M. Pham Minh Hoang puisse recouvrer sa liberté au plus vite.
La France rappelle son attachement au respect de la liberté d’opinion et d’expression, y compris sur internet. Elle est d’autant plus préoccupée que d’autres personnes ont été récemment condamnées au Vietnam, dans des circonstances comparables, pour avoir appelé à davantage de liberté.
Communiqué du ministère français des affaires étrangères - 10 août 2011
Trois ans de prison pour Pham Minh Hoang pour activités subversives
Le Tribunal populaire de Ho Chi Minh-Ville a ouvert mercredi le procès en première instance de Pham Minh Hoang pour "Activités subversives contre le pouvoir populaire" selon l'article 79, alinéa 2, du Code pénal du Vietnam.
Selon l'acte d'accusation du Parquet populaire suprême, Pham Minh Hoang est né en 1955 à Vung Tau, Vietnam. Parti en France en 1973 pour y poursuivre ses études, il est devenu agrégé en sciences appliquées.
Embringué par Nguyen Thi Thanh Van et Nguyen Ngoc Duc, membres actifs de l'organisation terroriste "Viet Tan", Pham Minh Hoang l'a rejointe en 1998 pour devenir membre de la cellule Paris 3 de cette organisation.
En 2000, sur l'ordre de "Viet Tan", Pham Minh Hoang est rentré au Vietnam et a travaillé en tant qu'enseignant contractuel de la section sciences appliquées de l'Université polytechnique de Ho Chi Minh-Ville.
Dans la mégapole du Sud, entre juillet 2002 et mai 2010, Pham Minh Hoang a écrit, sous le pseudonyme de "Phan Kien Quoc", de nombreux documents, dont 33 dénigrant la ligne et les politiques du Parti et de l'Etat. Lesquels ont ensuite été transmis à "Viet Tan" puis diffusés sur Internet dans l'optique de répandre des idées subversives et de mobiliser des forces pour renverser le régime, le Parti communiste du Vietnam et le pouvoir populaire.
Du 26 au 29 novembre 2009, Pham Minh Hoang, sa femme Le Thi Kieu Oanh et Nguyen Thanh Hung sont partis en Malaisie pour participer à un cours de formation sur le renversement "sans violence", organisé par "Viet Tan".
Du 29 décembre 2009 au 9 mai 2010, Pham Minh Hoang et son frère, Pham Duy Khanh, et deux autres Viet Kieu, Jolie Trang Huynh et Huynh Chau, ont organisé deux cours de formation sur les "talents mous" à l'intention de 43 jeunes, étudiants et religieuses, afin de mobiliser des forces pour "Viet Tan".
Lors du procès, Hoang a reconnu les faits qui lui étaient reprochés ainsi que leur caractère illicite. Il a demandé la clémence afin de pouvoir rejoindre rapidement sa famille et d'accomplir son devoir de fils, de père et de mari. Lors de l'enquête, Hoang avait remis ses 33 documents à la police.
Le Thi Kieu Oanh et Nguyen Thanh Hung ont reconnu qu'ils n'auraient jamais commis ces actes s'ils avaient su que l'organisation terroriste profitaient d'eux à leur insu en leur demandant de participer aux cours organisés en Malaisie et au Vietnam, qui en fait servaient à l'édification des forces de Viet Tan.
Avec les documents saisis, les déclarations des témoins ainsi que les résultats des interrogatoires, le jury avait suffisamment de preuves pour conclure que Pham Minh Hoang était bien coupable d'''activités subversives contre le pouvoir populaire".
Membre de "Viet Tan", Hoang avait régulièrement des liens avec cette organisation et savait bien que son plan d'action consistait à refuser la direction du Parti communiste du Vietnam, à renverser le pouvoir populaire selon plusieurs modalités, dont celles dites sans violence, d'''évolution pacifique". Les actes de Hoang sont graves et ont sapé la sécurité nationale. La poursuite en justice de Hoang et le verdict sont justes.
Le Tribunal a condamné mercredi Pham Minh Hoang à trois ans de prison ferme suivis de trois années de résidence surveillée.
Dans cette affaire, Nguyen Thi Thanh Van, Nguyen Ngoc Duc et Pham Duy Khanh, qui vivent à l'étranger, devraient être arrêtés et jugés plus tard.
Agence Vietnamienne d'Information - 10 août 2011
