Selon l'Institut américain d'éducation internationale (IIE), le Vietnam arrive en tête des pays de l'ASEAN en matière de nombre d'étudiants qui font leurs études aux États-Unis. Plus concrètement, entre 2005 et 2010, le nombre d'étudiants vietnamiens est passé de près de 4.600 à 13.100 personnes. Environ 72,1% d'entre elles réalisent des études universitaires et 15,2% post-universitaires.

Actuellement, le nombre d'élèves et étudiants vietnamiens représente 1,9% du nombre total des étudiants internationaux dans ce pays. Pour les universités américaines, le Vietnam est un marché prometteur.

Il s'agit des résultats atteints dans le cadre de la coopération éducative entre les gouvernements vietnamien et américain, visant à faciliter les études des élèves et étudiants des deux pays, a qualifié Helen Huntley, directrice d'IIE au Vietnam, ajoutant que les États-Unis possèdent 72 établissements universitaires classés dans la liste des 200 universités de premier rang du monde. Cette organisation donne annuellement des Salons d'étudier à Hanoi et Hô Chi Minh-Ville.

L'Australie est aussi une destination de prédilection de nombreux étudiants vietnamiens. Depuis 1958, les premiers Vietnamiens y faisaient des études. Avec plus de 25.000 personnes, le Vietnam se trouvait l'année dernière au 4e rang en matière du nombre d'étudiants, après la Chine, l'Inde et la Corée du Sud. Rien que pendant les deux premiers mois de l'année, près de 13.000 Vietnamiens sont partis étudier en Australie.

Le gouvernement australien a octroyé des bourses aux étudiants vietnamiens depuis 1992, à raison de plus de 200 bourses par an, sans compter des bourses à court terme lancées depuis 2007. À ce jour, près de 4.000 Vietnamiens font leurs études grâce aux programmes boursiers du gouvernement australien. En outre, beaucoup d'élèves et étudiants vietnamiens partent étudier dans ce pays par leurs propres moyens.

D'après les données de l'Organisation japonaise d'assistance aux étudiants, ce pays a attiré pour sa part près de 3.600 étudiants vietnamiens en 2010, soit 12,4% de plus qu'en 2009. Ce pays du Soleil-Levant devient un choix idéal destiné à de nombreux étudiants vietnamiens comme ce pays dispose d'une éducation avancée avec des frais d'étude et des dépenses de vie assez modestes. Cependant, pour bien étudier au Japon, une bonne "préparation" en langue japonaise est nécessaire car la plupart des universités de ce pays enseignent en japonais. Il s'agit d'une des difficultés initiales pour les étudiants étrangers.

Fuite de cerveaux, soucis des pays en développement

La fuite à l'étranger des cerveaux grises et des travailleurs qualifiés constitue un grand souci pour les pays en développement. De 1999 à 2000, le nombre de diplômés universitaires qui ont quitté les pays pauvres vers des pays membres de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) a doublé. Beaucoup d'entre eux étaient des étudiants autonomes.

Un grand nombre d'étudiants vietnamiens qui sont partis étudier à l'étranger grâce à une bourse ou par leurs propres moyens ont choisi d'y rester.

Les experts entrevoient plusieurs impacts négatifs dans le non retour de ces étudiants.

D'abord, les étudiants vietnamiens à l'étranger ont bénéficié durant leur jeunesse des importants investissements de l'État dans le secteur éducatif, surtout s'ils ont fréquenté les écoles d'élite, investissements qui sont perdus si ces étudiants ne reviennent pas au Vietnam pour travailler.

D'ailleurs, ces étudiants sont de futurs bons éléments du marché d'emploi national. S'ils ne reviennent pas, le pays perdra un contingent qui constitue une ressource humaine nécessaire pour le développement du pays, surtout dans les secteurs de hautes technologies.

Pourquoi est-ce que j'ai l'intention de partir étudier à l'étranger?

  • Pham Duy Ly, 21 ans, Université des sciences sociales et humaines - Université nationale de Hô Chi Minh-Ville

Lors de la préparation du concours d'entrée aux universités, je pensais toujours aux études à l'étranger. À ce moment-là, je pensais toujours qu'un diplômé universitaire octroyé par un établissement étranger était plus "valorisant" que celui d'une université nationale. J'ai essayé de persuader mes parents de m'envoyer faire des études hors du pays. Cependant, mes parents ne l'ont pas accepté.

Après quatre années universitaires, mon opinion a évolué. Les études à l'étranger me permettront de saisir de nouvelles connaissances et de perfectionner mon savoir-faire au service de mon futur métier.

  • Nguyên Thi Truc Ly, 21 ans, École supérieure de droit de Hô Chi Minh-Ville

Mes parents ont programmé mes études post-universitaires à l'étranger, après la sortie de l'école. D'après eux, cela me donnera l'occasion d'obtenir un bon diplôme et l'occasion de développer mes compétences professionnelles. Mes parents ont fait le choix de l'université et de la discipline. Je n'ai plus qu'à attendre la date de départ.

Ce qui me rend très triste. J'aurais voulu étudier davantage le droit. Cependant, mes parents préfèrent le secteur commercial pour que je puisse continuer l'œuvre de ma famille. Mes parents et moi avons échangé beaucoup d'arguments. Finalement j'ai fini par convaincre mes parents d'accepter mon choix. Je voudrais devenir une bonne avocate après mes études post-universitaires à l'étranger.

  • Doàn Thiên Phuc, 22 ans, École supérieure des sciences naturelles - Université nationale de Hô Chi Minh-Ville

Dès le lycée, je rêvais des études dans un pays occidental, en particulier dans le domaine des technologies de l'information de cette nation. J'ai étudié les programmes de formation disponibles au Vietnam, en particulier ceux proposant des études partielles à l'étranger. Je me suis inscrit à un programme de formation en partenariat entre mon école et une université française. Ce programme me permettra d'économiser les frais d'étude et d'autres dépenses. Actuellement, j'ai achevé mon programme au Vietnam et je vais bientôt partir étudier en France. Plus tard, je retournerai au Vietnam pour travailler.

Par Hoàng Viêt - Le courrier du Vietnam - 14 août 2011


Resserrer les liens avec les étudiants vietnamiens à l'étranger

De plus en plus de jeunes vietnamiens partent suivre un cursus à l'étranger. Le Département de formation à l'étranger, dépendant du ministère de l'Éducation et de la Formation, cherche à resserrer les liens avec eux. Son chef Nguyên Xuân Vang (photo ci-contre) a accordé au magazine Tuôi tre cuôi tuân (Jeunesse week-end) une interview sur ce sujet.

Selon les statistiques du ministère de l'Éducation et de la Formation (MEF), le Vietnam dénombre plus de 100.000 élèves et étudiants faisant des études à l'étranger. Environ 90% d'entre eux financent eux-mêmes leurs études. Seulement 10% bénéficient de bourses de l'État et des localités, des gouvernements étrangers ou d'organisations non gouvernementales... Actuellement, le MEF gère uniquement les étudiants auxquels il a octroyé une bourse, soit environ 5.000 personnes.

Les boursiers choisissent les domaines techniques, technologiques et le management. Tandis que la plupart de ceux qui partent par les propres moyens optent plutôt pour l'économie et les finances.

Alors, sur quelles données le ministère se base-t-il pour affirmer qu'il y a plus de 100.000 étudiants vietnamiens à l'étranger?

Nous connaissons ce chiffre sur la base des statistiques des ambassades étrangères au Vietnam, qui octroient les visas, de l'Office de gestion des Vietnamiens faisant leurs études à l'étranger, ou des organismes de représentation diplomatique du Vietnam à l'étranger.

Notre ministère dispose d'un site web où les candidats doivent s'inscrire pour décrocher une bourse. Ensuite, une fois à l'étranger, les boursiers doivent envoyer chaque semestre leurs résultats d'étude et leurs besoins en termes de frais d'étude et de subsistance, toujours via cette page web. De plus, ils peuvent envoyer des questions ou échanger des informations en ligne avec les cadres du Département de formation à l'étranger.

Cependant, cette méthode de gestion ne peut pas être appliquée avec ceux qui partent par leurs propres moyens ou avec d'autres sources financières. Les provinces et villes, les organisations étrangères qui leur octroient une bourse ne sont pas tenues d'échanger des informations avec le ministère. C'est la raison pour laquelle les informations concernant ces étudiants sont très parcellaires.

Que faudrait-il faire pour surmonter cette difficulté ?

Il faut de nouvelles politiques, de nouveaux mécanismes. Actuellement, nous élaborons un mécanisme en la matière et devrions le soumettre au gouvernement en fin d'année. Ce document aborde la responsabilité des services concernés et les devoirs des étudiants.

Si plus d'informations convergent vers nos services, nous pourrons à notre tour en faire profiter l'ensemble des étudiants à l'étranger et élaborer des politiques bien adaptées à leurs besoins.

Ces informations permettront en outre aux services de gestion de les faire plus facilement revenir au pays pour travailler une fois leur cursus à l'étranger achevé.

Justement, quel est votre avis sur ce que l'on appelle "la fuite des cerveaux” ? Actuellement, nous avons peu d'informations concernant le taux d'étudiants qui restent ou qui retournent au pays après leur formation à l'étranger. D'après moi, beaucoup d'entre eux, s'ils en ont l'opportunité, choisissent de rester à l'étranger. Faire revenir cette main-d'œuvre très qualifiée, que ce soit pour travailler dans le privé ou le public, est absolument nécessaire. Ce qui nécessite des politiques adaptées.

Sur le site web du Département de formation à l'étranger, les emails de tous les cadres sont accessibles. Depuis deux ans, en collaboration avec l'Union de la jeunesse communiste Hô Chi Minh et certains offices de représentation diplomatique du Vietnam à l'étranger, nous organisons annuellement des échanges en ligne avec ces étudiants.

Je dirais pour finir que ce département est en train de chercher des bailleurs de fonds pour organiser dans un proche avenir un congrès destiné aux étudiants vietnamiens à l'étranger.

Les étudiants vietnamiens sont présents dans 49 pays et territoires. L'Australie en compte le plus (25.000), suivis des États-Unis (13.000) et de la Chine (12.500).

Parmi les autres pays, citons Singapour (7.000), la Grande-Bretagne (6.000) et la France (plus de 5.500), la Russie (5.000) et le Japon (3.500), les Pays-Bas, la République tchèque, le Laos, la Suisse, la Slovaquie et Cuba (entre 100 et 700 chacun). Belarusse, Roumanie, Indonésie, Maroc, Libye, Mongolie, République populaire démocratique de la Corée... en comptent chacun de deux à huit.

Par Nam Phuong - le courrier du Vietnam - 14 août 2011