L'enquête, qui a débuté en juin dernier, s'achèvera au début 2012. Deux protocoles sont employés, l'un consistant en un questionnaire diffusé sur le site de six journaux en ligne pour témoignage et opinions de la population, et le second, en un entretien direct de 384 journalistes, ainsi que des interviews de 60 journalistes et cadres de ce secteur. Leur objet porte sur les faits et éléments entravant les missions de journalistes sur le terrain, dans plusieurs grandes localités telles Lang Son, Quang Ninh (Nord), Dà Nang, Quang Nam (Centre), les provinces des hauts plateaux du Centre (Tây Nguyên), Hô Chi Minh-Ville et Cân Tho (delta du Mékong). D'autres régions délicates feront l'objet d'une même enquête, dont Hai Phong (Nord), Nghê An, Huê, Binh Thuân (Centre). Enfin, plus de 70% des journalistes interrogés ont de 5 à 20 années d'expérience, et 1,8% au-delà.

Le groupe de chercheurs a indiqué que la situation des actes violents portant atteinte à l'honneur des journalistes évoluait de façon complexe et nuisait à l'intérêt de la société. Il a mentionné 12 types d'entraves fréquentes, notamment de refuser de donner des informations, d'en donner qui sont vagues ou inexactes, de corrompre, voire de menacer, de faire blesser ou de se venger d'un journaliste. Plus de 80% des journalistes interrogés ont déclaré connaître des difficultés en mission, en particulier le refus de donner des informations qui représente de 11% à 12% des entraves à leur activité.

D'après les résultats du premier protocole, 54,1% des 1.662 lecteurs s'intéressent particulièrement aux affaires d'entrave à des journalistes. À la question "Selon vous, qui subit les conséquences de tels actes en dehors des journalistes ?", 76% ont répondu qu'il s'agissait de toute la société.

Parmi les causes d'une telle situation, le groupe de chercheurs a mis en avant une insuffisance du quantum des sanctions applicables en la matière. Il propose donc le complètement dans le code pénal d'une infraction en faveur des entraves aux journalistes en mission. Par ailleurs, le groupe a suggéré un renforcement du rôle de l'Association des journalistes du Vietnam dans la protection des droits des journalistes lorsqu'ils sont en mission. Selon celui-ci, il est aussi nécessaire de rendre plus efficient le Numéro vert mis en place en cas d'entrave aux journalistes. Enfin, les rédactions ont besoin de disposer d'un mécanisme d'échange et de partage, ainsi que de s'entraider en cas de survenance de tels actes.

Par Quê Anh - Le courrier du Vietnam - 26 octobre 2011