Un tribunal de l'ex-Saïgon a condamné Pham Minh Hoang, blogueur et militant pour les droits de l'Homme âgé de 56 ans, à 17 mois de prison suivis de trois années de résidence surveillée, a précisé Tran Vu Hai.

Il a ajouté qu'avec la peine déjà effectuée depuis son arrestation le 13 août 2010, il serait libéré le 13 janvier prochain.

En première instance, le professeur de mathématique, qui a passé près de 30 ans en France, avait nié avoir voulu renverser "qui que ce soit", assurant avoir "seulement pointé du doigt les choses négatives dans la société".

L'avocat avait expliqué il y a quelques jours qu'il allait plaider pour une réduction de peine en faisant notamment valoir que son client devait s'occuper de ses parents âgés de près de 90 ans et de son frère handicapé.

Après le procès en appel de quelques heures, la cour a rendu son verdict en tenant "compte de ses conditions familiales et du fait que Hoang s'est engagé à sa sortie de prison à ne plus violer la loi vietnamienne et ne plus s'opposer à l'Etat vietnamien", a expliqué Hai mardi.

La justice lui reproche d'avoir écrit 33 articles sous le pseudonyme Phan Kien Quoc, dont la plupart "ternissaient l'image du pays". Il avait notamment pris position contre un projet controversé d'exploitation de la bauxite dans le centre du pays.

Il a d'autre part reconnu être membre de l'organisation basée aux Etats-Unis Viet Tan, considérée comme "terroriste" par Hanoï. Le groupe affirme pour sa part promouvoir la démocratie par des moyens pacifiques.

La France et l'Union européenne avaient dénoncé sa condamnation et réclamé sa libération immédiate.

"Le Vietnam garde la mainmise sur la liberté d'expression en utilisant des formulations vagues de lois sur la sécurité nationale pour emprisonner des militants pacifiques", a dénoncé Phil Robertson, de Human Rights Watch, dans un communiqué publié à la veille de ce procès en appel.

"Des militants pacifiques comme Pham Minh Hoang méritent d'être entendus par leurs compatriotes, pas réduits au silence par la justice", a-t-il ajouté, réclamant sa libération immédiate.

"Hoang a simplement exprimé son opinion sur des sujets d'intérêt public au Vietnam, un droit garanti par la Constitution", a insisté de son côté Reporters sans frontières, qui a placé le Vietnam sur sa liste des "ennemis d'internet".

Agence France Presse - 29 novembre 2011