"Il serait bien plus facile pour le Vietnam de poursuivre son programme de restructuration maintenant, que d'avoir à se restructurer après avoir été frappé par une crise", a estimé Victoria Kwakwa, responsable de la Banque mondiale au Vietnam.

Hanoï doit notamment réformer son secteur bancaire, privatiser les entreprises d'Etat, simplifier les procédures administratives et lutter contre une corruption endémique, ont estimé les participants à cette réunion annuelle.

En début d'année, le Parti communiste au pouvoir (PCV) avait mis en place une politique de rigueur pour reprendre le contrôle d'une inflation aujourd'hui encore à environ 20%, du déficit commercial (12,4 milliards de dollars en 2010), et d'une monnaie, le dong, dévaluée quatre fois en 15 mois.

Les donateurs ont également exprimé leurs "regrets" concernant les violations des droits de l'Homme dans le pays, où aucune critique du pouvoir n'est tolérée. Cette situation "sape la crédibilité internationale des engagements du Vietnam (...) et son développement social et économique", a relevé l'ambassadeur de Norvège, Stale Torstein Risa.

Selon Amnesty international, des dizaines de militants politiques ont été condamnés à de lourdes peines de prison depuis que le Vietnam a lancé une campagne de répression contre la liberté d'expression, fin 2009.

Agence France Presse - 6 décembre 2011


Les bailleurs de fonds s’engagent à octroyer près de 7,4 milliards de dollars pour 2012

Avec comme thème "Promouvoir la restructuration économique et réduire la pauvreté", la Conférence du groupe consultatif des bailleurs de fonds du Vietnam de 2011 (CG 2011) a eu lieu le 6 décembre à Hanoi.

La CG 2011 a été dirigée par le ministre vietnamien du Plan et de l'Investissement, Bùi Quang Vinh, et la directrice nationale de la Banque mondiale (BM) au Vietnam, Victoria Kwakwa.

Le Premier ministre Nguyên Tân Dung, des ambassadeurs étrangers, des représentants des bailleurs de fonds, d'organisations bilatérales comme multilatérales, d'ONG, de ministères et services y ont participé.

"Le Vietnam s'engage à employer efficacement les aides publiques au développement (APD) et autres prêts à taux d'intérêt préférentiels", a affirmé le Premier ministre Nguyên Tân Dung.

Il a souligné les tâches capitales du gouvernement vietnamien en 2012, à savoir maîtriser l'inflation aux alentours de 9%, assurer la sécurité du système bancaire, améliorer la balance des paiements, maintenir une croissance du PIB aux alentours de 6%, diminuer l'excédent des dépenses budgétaires.

"Le gouvernement continuera de garantir le bien-être social et de réduire la pauvreté, considérant cela à la fois comme une mission capitale et une exigence pour le développement durable", a affirmé Nguyên Tân Dung. Concrètement, le Vietnam s'efforcera de diminuer de 2% le taux de pauvreté et de créer 1,6 million d'emplois chaque année.

Le Premier ministre a réaffirmé que le Vietnam continuait de perfectionner les mécanismes de l'économie de marché, de simplifier les formalités administratives, d'améliorer la transparence des activités économiques, d'accélérer la lutte contre la corruption, la création d'un environnement favorable à l'investissement, à la production et aux affaires. Il a souhaité que les bailleurs de fonds internationaux continuent de coopérer étroitement avec le Vietnam, afin de l'aider à relever les défis et atteindre ses objectifs de développement socio-économiques.

Prêts à aider le Vietnam dans sa restructuration

Lors de cette conférence, les APD engagées au Vietnam pour l'exercice comptable 2012 se sont chiffrées à 7,386 milliards de dollars.

Comme d'habitude, la Banque mondiale (BM), la Banque d'Asie pour le développement (BAD) et le Japon restent les plus importants bailleurs de fonds du Vietnam, avec des chiffres engagés assez spectaculaires : deux milliards de dollars de la BM, 1,9 milliard du Japon et 1,4 milliard de la BAD.

D'après le ministre Bùi Quang Vinh, la conférence de cette année est organisée dans une conjoncture économique mondiale morose : déficits budgétaires, crise de la dette publique, instabilité politique et sociale, calamités naturelles. Malgré cela, le gouvernement vietnamien est déterminé à atteindre ses objectifs de maîtrise de l'inflation, de stabilisation de l'économie, d'assurance du bien-être social, à bien relier développement durable et protection de l'environnement écologique.

Dans l'immédiat, il est prévu que l'année 2012 soit marquée par les restructurations de trois secteurs clefs : investissement, public en priorité ; entreprises publiques, dont surtout groupes et compagnies générales ; réseau bancaire, dont banques commerciales et organisations financières notamment.

Selon Victoria Kwakwa, coprésidente de cette conférence, si 2011 est une année difficile pour l'économie vietnamienne, le pays a obtenu des résultats dans le règlement, la gestion de la macroéconomie, la maîtrise de l'inflation…

L'économie vietnamienne est largement ouverte et s'intègre profondément au monde, ce qui aura de forts impacts tant positifs que négatifs sur son développement socio-économique. L'important, c'est que le Vietnam prenne des mesures efficaces de restructuration de son économie pour rehausser sa compétitivité, a estimé la directrice nationale de la BM au Vietnam. "La BM et les partenaires de développement du Vietnam souhaitent toujours dialoguer franchement et ouvertement avec le gouvernement vietnamien pour faire face aux défis économiques mondiaux, aidant le Vietnam à profiter au maximum des avantages, à surmonter ses difficultés et à atteindre ses objectifs de développement socio-économique", a-t-elle affirmé.

Appréciant l'orientation de restructuration économique du gouvernement vietnamien, les bailleurs de fonds présents à la CG 2011 ont tous affirmé être prêts à aider le Vietnam dans sa restructuration économique.

Par Hông Nga - Le courrier du Vietnam - 6 décembre 2011