La détention et le traitement forcé violent le droit des drogués, a estimé le rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à la santé, Anand Grover, à l'issue du mission de dix jours.

Je soutiens totalement la fermeture des centres de réhabilitation, a-t-il déclaré aux journalistes, soulignant que les détenus étaient forcés d'accepter un traitement et se voyaient refuser le droit à un consentement éclairé en matière médicale.

Les sommes dépensées pour ces centres sont trop importantes et pourraient être bien mieux utilisées autrement, notamment dans les traitements de substitution à la méthadone.

Heureusement, le gouvernement a mis en place un certain nombre de programmes-pilote de traitement par la méthadone, a ajouté M. Grover, expert indépendant nommé par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU.

Dans un rapport publié en septembre, Human Rights Watch (HRW) avait dénoncé le fait que les toxicomanes au Vietnam étaient détenus dans des camps de travail forcé où ils ne reçoivent aucun soin adéquat et sont soumis à des violences physiques.

Au lieu d'être soignés, ils sont obligés de travailler: conditionnement de noix de cajou, agriculture, confection de vêtements ou bâtiment, selon ce rapport. Ceux qui refusent ou qui contreviennent aux règles sont battus voire torturés, avait décrit HRW, citant par exemple l'utilisation d'électrochocs.

Le gouvernement vietnamien avait accusé HRW de déformer la réalité, expliquant notamment que le traitement par le travail aidait les toxicomanes à améliorer leur état de santé, leurs aptitudes professionnelles et leurs responsabilités vis-à-vis de leur famille et de la société.

Selon les chiffres officiels du gouvernement, il y a environ 150.000 drogués et 30.000 prostituées dans le pays communiste qui continue de les classer dans la catégorie des fléaux sociaux.

La loi autorise la détention des prostituées entre trois et 18 mois. Les toxicomanes peuvent pour leur part être enfermés quatre ans dans des centres officiellement décrits comme des centres de soins.

Agence France Presse - 5 décembre 2011