Protestations de centaines de paysans à Hanoi
Par Vietnam aujourd'hui le mardi 21 février 2012, 09:12 - Infos en français - Lien permanent
Les agriculeurs, en majorité des femmes et des personnes âgées, se sont rassemblés devant le bureau de l'Assemblée nationale brandissant des pancartes: «EcoPark (...) vole les terres du peuple».
Une centaine de paysans du nord du Vietnam ont protesté mardi à Hanoï contre la confiscation de leurs terres au profit d'une ville nouvelle, un dossier qui dure depuis des années, a constaté une journaliste de l'AFP.
Cette nouvelle ville en cours de construction, un investissement de 250 millions de dollars, a été confiée à la compagnie privée Viet Hung Co Ltd, à qui, selon eux, les autorités locales ont accordé 500 hectares de terres dans la province de Hung Yen, au sud de Hanoï.
Viet Hung avait essayé dès 2004 de commencer les travaux. Des manifestations avaient éclaté en 2006 et le projet avait été brièvement suspendu puis relancé.
«Nous ne voulons pas perdre notre terre»
«Ils nous ont pris 2.100 mètres carrés pour la construction d'une route. Nous n'avons pas accepté la compensation proposée. Nous ne voulons pas perdre notre terre pour ce projet», a expliqué à l'AFP Vu Thi Thu, 63 ans.
«Nous sommes ici pour demander l'intervention du gouvernement. Nous voulons récupérer notre terre agricole pour nos enfants», a-t-elle ajouté, précisant n'avoir pas les moyens d'acheter de nouvelles terres.
Augmentation du nombre de litiges
Les litiges fonciers se sont multipliés au Vietnam ces dernières années, dans un pays où la terre appartient à l'Etat. Le gouvernement affirme compenser les habitants délogés, mais les sommes disparaissent souvent dans les méandres d'une administration corrompue.
En janvier, un pisciculteur a blessé six membres des forces de l'ordre venus l'expulser de sa terre à Haïphong (nord). Mais l'exproriation a été jugée «illégale» par le Premier ministre Nguyen Tan Dung, signe selon les experts que les autorités prennent conscience du caractère explosif du dossier.
Agence France Presse - 21 février 2012
