Pham Thanh Binh, 58 ans, et huit autres cadres du groupe, comparaissent depuis mardi à Haiphong (nord-est) pour violation intentionnelle des règles de l'Etat en matière de gestion économique, causant de lourdes conséquences. Un chef d'accusation passible de 20 années d'emprisonnement.

Le procureur a requis des peines allant de 3 à 18 ans contre les huit autres accusés, a précisé le quotidien Tuoi Tre sur son site internet.

Le verdict est attendu vendredi.

Binh, considéré à l'époque des faits par les observateurs comme proche du Premier ministre Nguyen Tan Dung, avait été arrêté en août 2010.

Les dettes du conglomérat ont été officiellement évaluées à plus de quatre milliards de dollars et l'affaire avait soulevé un immense scandale politique, fragilisant le sommet du pouvoir communiste en particulier le Premier ministre.

Mais l'audience était consacrée à un trou financier de plus de 43 millions de dollars seulement. Un autre dossier est en cours d'instruction, portant sur des détournements de fonds.

En décembre 2010, Vinashin n'avait pu rembourser une première échéance de prêt de 60 millions de dollars, partie d'un emprunt de 600 millions syndiqué par le Crédit Suisse en 2007. Aucune information sur ce remboursement n'a été disponible depuis.

Le scandale avait suscité de fortes inquiétudes chez les investisseurs, dans un pays qui peine à se débarrasser des méthodes de gestion hasardeuses héritées de l'économie planifiée, et où le secteur public joue toujours un rôle prédominant.

Aucun dirigeant politique du régime communiste n'a été sanctionné pour l'effondrement du groupe, aujourd'hui en cours de restructuration.

Agence France Presse - 29 mars 2012