Raymond Aubrac, de son vrai nom Raymond Samuel, né le 31 juillet 1914 à Vesoul, est un grand résistant français lors de l'Occupation allemande et du régime de Vichy.

Ingénieur civil des Ponts et Chaussées (promotion 1937), il s'est engagé dès 1940, avec son épouse Lucie, dans la Résistance. Sous le pseudonyme d'Aubrac, il a participé dans la région lyonnaise à la création du mouvement Libération Sud. Il était le dernier survivant des chefs de la Résistance réunis et arrêtés en juin 1943 à Caluire, près de Lyon, avec le chef du Conseil national de la Résistance (CNR) Jean Moulin.

Attaché au Vietnam depuis 1946, année où il a rencontré le Président Ho Chi Minh à Paris, M. Aubrac a aidé à parvenir au premier Accord de commerce entre le Vietnam et la France (en 1955). C'est lui qui a joué le rôle de messager pour transmettre au Président Ho Chi Minh la proposition de Pugwash, à l'initiative de Henry Kissinger, afin de cesser de manière inconditionnelle le bombardement de Hanoi par les B52 américains en 1972.

Raymond Aubrac, représentant du Secrétaire général de l'ONU, a mis en oeuvre en 1976 un programme visant à la réunification du Vietnam. Il a demandé au général Mc Namara d'accepter de remettre au Vietnam la carte des champs de mines le long du 17e parallèle en 1979.

Depuis 1976, il a participé à de nombreux programmes de coopération technique entre l'ONU, la FAO, la France et le Vietnam.

La présence de la famille des Aubrac à des événements historiques importants du Vietnam revêt une signification importante, laquelle a contribué aux victoires du pays de plusieurs façons.

Agence Vietnamienne d'Information - 12 avril 2012


Raymond Aubrac, un grand ami du Vietnam, s'est éteint

Raymond Aubrac, de son vrai nom Raymond Samuel, est mort le 10 avril à l’âge de 97 ans.

Membre du Parti communiste français (PCF) et grand chef de la résistance française contre l’occupation nazie pendant la 2e Guerre Mondiale, Raymond Aubrac était aussi un grand ami du peuple vietnamien tout au long des deux guerres, mais aussi durant l’œuvre de Renouveau du Vietnam qui s’en est suivie. Il a également été un grand acteur dans le renforcement des relations d’amitié Vietnam-France.

Les aides de la famille Aubrac ont contribué grandement aux succès vietnamiens lors des forums internationaux pendant la période de guerres. Raymond Aubrac était aussi une «passerelle» entre les objecteurs de conscience de la France et la population vietnamienne.

Après sa première rencontre avec le Président Hô Chi Minh en 1946 à Paris, les deux hommes sont devenus amis. M. Aubrac l’a invité à séjourner chez lui. L'été de cette même année, Hô Chi Minh a partagé la vie de la famille Aubrac. Pendant ce séjour, l’épouse de Raymond Aubrac a mis au monde une fille, Babette, et Hô Chi Minh, en visite à la maternité a décidé qu'il en serait le parrain.

M. Aubrac est intervenu pour la signature du premier accord commercial entre le Vietnam et la France en 1955, mais aussi lors de l’échange de message entre Hanoi et Washington demandant d’arrêter sans condition le bombardement américain au Vietnam (1967). Cet ami fidèle du Vietnam a par la suite contribué activement à la fin des bombardements sur la digue du fleuve Rouge (1972).

En sa qualité d’un représentant du secrétaire général des Nations unies, en 1976, il a aidé à ce que les programmes onusiens après l’unification du Vietnam soient appliqués. Par le biais des assistances de l’ONU, de l’Organisation onusienne de l’alimentation et de l’agriculture (FAO) et de la France, il a mis sur pied de nombreux programmes de coopération technique dans le pays.

En 1979, Raymond Aubrac a demandé à l’ex-secrétaire à la Défense américain, Mc Namara, d’accepter la remise de la carte des champs de mines au niveau du 17e parallèle du Vietnam.

Lors de sa visite en 2009, Raymond Aubrac a partagé à un journaliste de Lao Dông (Le Travail) : «En 20 allers-retours au Vietnam, j’ai vu des changements miraculeux dans ce pays !».

Par Hoàng Phuong - Le courrier du Vietnam - 12 avril 2012