Le 7e Festival de Huê ayant pour thème "Patrimoine culturel, intégration et développement : rendez-vous des villes historiques" a eu lieu du 7 au 15 avril dans l'ancienne cité impériale de Huê, au Centre, réunissant 65 troupes artistiques vietnamiennes et étrangères venues de 28 pays et territoires avec plus de 3.000 artistes, a souligné Ngô Hoa, vice-président du Comité populaire de Thua Thiên-Huê, chef du comité d'organisation du Festival de Huê 2012.

De riches programmes culturels et artistiques se sont déroulés pendant une semaine avec la cérémonie rituelle du Nam Giao de la dynastie des Nguyen, le défilé d'"Áo dài", la "Nuit impériale", le spectacle "Soirée Orientale", la pièce de théâtre "Un monde en paix", la fête de rues de l'Asie de l'Est et de l'Amérique latine...

Le 7e Festival de Huê 2012 qui a attiré plus de 80.000 visiteurs étrangers, a glorifié les valeurs culturelles traditionnelles et témoigné de la volonté d'échanges, de solidarité, d'intégration et de développement de l'ancienne Cité impériale de Hue, ce qui lui a donné à un nouveau visage et une nouvelle vie. Cet évènement a permis à Huê d'affirmer sa position de la ville festive du Vietnam.

Agence Vietnamienne d'Information - 16 avril 2012


L’«âme bavarde» du pont couvert de Thanh Toàn

Depuis plus de 30 ans, Mme Diêu a établi son «QG» sur le pont couvert de Thanh Toàn, dans la ville de Huê. Sa «mission» : faire découvrir ce site historique aux touristes de passage, et accessoirement leur dire la bonne aventure...

Trân Thi Diêu est née dans le village de Thanh Toàn, à 8 km à l’Est de Huê. Son enfance est attachée étroitement avec ce pont du XVIIIe siècle, où elle a joué étant gamine puis rêvassé à l’adolescence. L’ouvrage en bois est devenu un des hauts lieux touristiques de Huê. Depuis plus de 30 ans, quel que soit le temps, elle est là avec son chapeau conique en feuilles de latanier, belle et noble dans sa tenue en soie.

La dame de 79 ans arrive à son «QG» à 07h00 du matin et le quitte à 17h00. Assise sur les bancs en bois qui courent des deux côtés du pont, ses cheveux blancs agités par le vent, elle salue les touristes d’un vigoureux «Hello ! Welcome to Thanh Toàn tile bridge !». À ceux qui le souhaite, elle présente gratuitement l’histoire de cet ouvrage. Parfois il pleut tellement qu’aucun touriste ne se hasarde dehors. Mais Mamy Diêu est toujours là, fidèle au poste. «Au début, je n’étais pas trop à l’aise face aux touristes étrangers. Mais au fil du temps, cette timidité a disparu, confie-t-elle. J’aime présenter aux visiteurs ce pont, un des grands sites touristique du coin. Et puis les touristes étrangers aiment qu’un habitant local leur raconte l’histoire d’un lieu».

Son anglais, une surprise

Bien sûr, c’est en anglais qu’elle discute avec les touristes. Elle se débrouille bien, et peut tenir une logue conversation avec n’importe quel anglophone, Irlandais compris. Avec ces touristes un peu spéciaux que sont les Français, elle bascule de la langue de Shakespeare à celle de Molière. «Les gens sont surpris de voir une mémé comme moi bien parler anglais, s’amuse-t-elle. Je leur explique que, lorsque les Américains étaient là, j’ai eu le temps de pratiquer !».

À chaque Festival de Huê et notamment pendant la haute saison touristique, le pont de Thanh Toàn accueille de nombreux touristes. La plupart se rappelleront plus leur rencontre avec Mme Diêu que le pont lui-même. Il semble que l’ouvrage de bois vermoulu et la vieille dame chenue ne forment plus qu’un.

Une «spécialité locale»

Selon Thân Ngoc Nghia, un guide qui emmène souvent ses clients étrangers ici, «Mme Diêu est une spécialité locale». «Grâce à elle, le pont est plus animé. Beaucoup de touristes reviennent ici juste pour la revoir», ajoute Nguyên Quang Phuoc, un habitant local.

Mme Diêu enseigne aussi l’anglais de base aux vendeuses de thé et aux commerçantes ambulantes, qui aimeraient bien, elles aussi, pouvoir discuter avec les Tây (occidentaux), mais pas forcément dans un but aussi désintéressé que la vieille dame. «De nombreuses régions rurales développent le tourisme avec la participation des habitants locaux mais sans que ceux-ci ne parlent un mot d’anglais. Comment voulez-vous accueillir des touristes sans pouvoir communiquer avec eux», explique-t-elle.

Mme Diêu offre parfois aux touristes un autre cadeau. Elle lit gratuitement dans les lignes de leur main, notamment ce qui a trait à leur vie sentimentale. «Juste pour les amuser, dit-elle, et que de bonnes nouvelles ! Il ne s’agit pas non plus de gâcher leurs vacances !».

Par Linh Thao - Le courrier du Vietnam - 15 avril 2012