Les policiers munis de masques ont également utilisé des gaz lacrymogènes contre les quelque 700 manifestants qui refusaient leur expulsion au profit de la construction d'une ville nouvelle, dans un dossier qui dure depuis des années.

Des centaines de policiers en uniforme et armés étaient dans la région. Les gens ont jeté des pierres sur un policier (...) La police a arrêté sept ou dix personnes, a affirmé depuis le site à l'AFP Le Hien Duc, militante anti-corruption.

Les centaines de paysans s'étaient rassemblés dès lundi soir, selon des témoins. Toutes les routes menant à cette zone de la province de Hung Yen avaient été bloquées par les autorités qui auraient saisi quelque 72 hectares de terres appartenant à 166 familles.

Il y a eu des coups de feu en l'air (...) La police a utilisé des gaz lacrymogènes et a battu quelques personnes et les a emmenées. Ils ont évacué toutes nos terres, a déclaré à l'AFP une manifestante de 51 ans, sous couvert d'anonymat.

Je n'ai jamais été aussi en colère. J'ai passé toute ma vie à me battre pour les gens, mais maintenant, j'ai vraiment mal, s'est indignée Mme Duc, 80 ans.

Les litiges fonciers se sont multipliés au Vietnam ces dernières années, dans un pays où la terre appartient à l'Etat. Le gouvernement affirme compenser les habitants délogés, mais les sommes disparaissent souvent dans les méandres d'une administration corrompue.

La ville nouvelle EcoPark, dont les investissements sont estimés à 250 millions de dollars, est construite par la société privée Viet Hung Co. Ltd à qui les autorités locales auraient accordé 500 hectares de terres, au Sud de Hanoï, sans véritables négociations.

Viet Hung tente depuis 2004 de faire avancer le chantier qui avait été suspendu après une série de manifestation en 2006, mais qui a été relancé depuis.

Le journal officiel Tin Tuc a indiqué mardi, citant un responsable provincial, que les autorités avaient soutenu l'expulsion, soulignant que le projet devait avancer en accord avec la loi.

Ces expulsions aideront aussi à surmonter la situation de quelques personnes qui se rassemblent dans la zone du projet pour se plaindre (...) et causent des troubles à l'ordre public à Hanoï, a-t-il ajouté.

Des paysans de la zone avaient organisé cette année dans la capitale plusieurs manifestations, toutes dispersées par les autorités.

Agence France Presse - 24 avril 2012