C'est que les Vietnamiens sont familiers de l'ebook et des tablettes, mais ne comprennent pas l'idée de payer pour la lecture, la musique et l'art en général. On ne sait trop bien s'il s'agit d'une civilisation pro-gratuité ou bien si l'art est un bien si le livre est considéré comme chair à donner aux cochons.

Un an plus tôt, le marché de l'impression était encore dominé par l'impression papier à 65 %, l'industrie représentant seulement 5 %. C'est ce qui était annoncé lors d'un salon par Fuji Xerox à Ho Chi Minh. Qu'en est-il à présent ? Les bibliothèques que l'on trouve en ligne sont e-thuvien, talieu.vn ou encore bookblomming. Depuis avril 2009, le défi est d'étoffer les bases de données. IReader.vn avait notamment lancé quelques centaines de titres, suivi d'Alezaa avec un peu moins de 2 000 titres disponibles.

La compagnie Ybook, des éditions Tre (Ed. De la jeunesse) a reçu le 15 juin dernier sa licence d'activité et s'apprête à lancer en septembre prochain 5 000 titres à son catalogue. Ybook poursuit pourtant l'acquisition de droits d'écrivains connus tels que Nguyên Anh, Nguyên Ngoc Tu ou Nguyên Huy Thiêp, peine perdue ?

À l'avenir d'après son vice-directeur Dông Phuis Vinh, la collection devrait être complétée chaque mois, par 1000 nouveautés, dont les prix vont varier entre 5 000 et 10 000 dôngs, quant aux ouvrages les plus récents, ils seront vendus à 30 % du prix papier.

Mais face aux téléchargements de livres sans droits d'auteurs, dont les contenus laissent a priori à désirer, de tels projets semblent aussitôt beaucoup moins réalisables. Les éditeurs devraient cesser de s'interroger, hagards devant le piratage, pour penser à de nouvelles stratégies de ventes. Il faudra faire mieux que des prix réduits. Sans compter l'arrivée d'éditeurs étrangers annoncés en 2013, par Pham Si Sau de Tre édition.

L'OMC avait à ce propos ordonné qu'une loi fût promulguée afin de protéger l'édition nationale du pays. Le directeur de la compagnie Bach Viêt, était optimiste à tord, puisqu'il qui ne s'inquiétait pas en outre de ces nouvelles venues, c'est comme si on avait préparé le terrain aux concurrents venus de l'Ouest. Est-ce trop tard désormais?

La proportion de violation de droits d'auteurs sur les logiciels est élevée pour un préjudice de 395 millions de dollars en 2011, selon le 9e rapport annuel de la Business Sofware Alliance (BSA) et de l'International Data Coporation (IDC). Quant à l'opinion, celle-ci semble indolente. « Le pays possède la Loi sur le droit d'auteur, et le ministère de l'Information et de la Communication, comme le Département de la propriété intellectuelle, doivent intervenir », considère le directeur adjoint d'Ybook, Dông Phuc Vinh « Le vrai problème est de savoir s'ils veulent vraiment le faire ? ».

Par Morgane Macé - ActuaLitte.com - 27 août 2012