"Après deux années de préparation de la zone près du site de construction, le gouvernement organisera une cérémonie le 7 novembre et commencera à travailler sur le barrage lui-même après la cérémonie", a déclaré le vice-ministre de l'énergie, Viraphonh Viravong.

La construction de la centrale hydroélectrique de Xayaburi, projet de 3,8 milliards de dollars mené par le groupe thaïlandais CH Karnchang, divise les pays riverains du fleuve depuis des mois. La Commission régionale du Mékong (Vietnam, Cambodge, Thaïlande et Laos) avait suspendu en mai 2011 la construction du barrage, premier d'une série de onze sur la partie inférieure du fleuve. Le Vietnam et le Cambodge craignaient en particulier pour leur stock de poissons et de sédiments.

Symbole des risques pesant sur le fleuve

Le projet aurait été modifié à plusieurs reprises pour répondre à ces inquiétudes. "Nous avons adapté certains détails du projet dans l'espoir de rassurer nos voisins", a répété Viraphonh Viravong lundi, assurant que la centrale serait terminée "comme prévu, d'ici à la fin 2019". "Nous avons expliqué que nous avons amélioré" le projet qui "aura moins d'impact sur l'environnement", a renchéri Daovong Phonekeo, un responsable du ministère de l'énergie.

Le quotidien officiel Vientiane Times avait notamment indiqué en juillet que le barrage allait être équipé d'un système permettant à 85 % des poissons de le franchir. Le Laos communiste, dépourvu d'accès à la mer et de tissu industriel, mise sur l'énergie pour appuyer son développement et rêve de devenir "la pile de l'Asie du Sud-Est".

Mais le projet de Xayaburi, dans le nord-ouest du Laos, est devenu un symbole des risques pesant sur le fleuve. Les écologistes affirment que le barrage, d'une capacité de 1 260 mégawatts, serait désastreux pour les 60 millions d'habitants qui dépendent du fleuve pour le transport, l'alimentation et l'économie.

Le Monde avec Agence France Presse - 5 novembre 2012