Construite en 1890 sur une superficie de 700 m², Al-Noor dite "Pagode indienne" a toutes les caractéristiques architecturales d’une mosquée, plus particulièrement de style musulman-indien. Un lieu simple et spacieux, entièrement blanc, avec un petit minaret discret surmonté d’un croissant.

Le père de Doàn Hông Cuong est pakistanais. Marié à une Vietnamienne, il s’est installé en 1940 à Hanoi où il a commencé depuis à s’occuper de la mosquée autrefois fréquentée par les commerçants musulmans originaires du Sud de l’Inde, puis les soldats musulmans d’Afrique du Nord qui servaient dans le corps expéditionnaire français en Extrême-Orient.

En 1954, un grand nombre de catholiques, et aussi des musulmans, sont émigrés au Sud. Mais ce père de famille est resté à Hanoi, continuant d’entretenir ce lieu de culte du mieux qu’il pouvait. Après son décès en 1963, ce travail a été confié à son fils aîné, puis à Doàn Hông Cuong.

"Tous les jours, à 4h15, toute ma famille se réveille pour prier. Quand le soleil se lève, chaque membre de la famille se charge d’une tâche. Mon fils s’occupe du magasin familial, mes petits-enfants vont à l’école et les femmes font le ménage", a confié Doàn Hông Cuong, très heureux de vivre dans la capitale millénaire et de s’occuper d’Al-Noor.

Les musulmans font leurs cinq prières par jour aux heures fixes. Et Doàn Hông Cuong ouvre aussi la porte à ces heures pour accueillir les fidèles. Lors de la prière du vendredi (prière du début de l’après-midi, collective et obligatoire pour tous les musulmans), la mosquée accueille environ 200 fidèles, dont des diplomates musulmans expatriés à Hanoi.

Les musulmans pratiquants observent le ramadan, l’un des cinq piliers de l’islam, avec la profession de foi, la prière quotidienne, l’aumône et le pèlerinage de la Mecque. En plus de s’abstenir de boire et de manger du lever au coucher du soleil, le jeûneur doit se purifier, contenir ses passions et ses désirs et s’acquitter d'autres devoirs religieux. Doàn Hông Cuong a affirmé qu’il s’agit là des habitudes à suivre. "Le plus important est la confiance et le bon sens. Aucune religion ne rend l’homme ascétique", a-t-il indiqué.

En 1980, sa mère, ses frères et sœurs sont partis au Pakistan, lui seul est resté à Hanoi. Dans l’esprit des musulmans, si un homme reste, l’islam ne peut pas se perdre. C’est la raison pour laquelle Doàn Hông Cuong est attaché à ce lieu et en prend soin tous les jours.

Cependant, en plus d’un siècle, Al-Noor a donné des signes de fatigue. Les fonds pour les activités sont collectés par les fidèles. "La restauration de cette mosquée sera débattue lors du premier Congrès de la communauté islamique de Hanoi prévu de se tenir en décembre prochain", a fait savoir le soixantenaire.

Le Vietnam dénombre 79 mosquées et 73.000 musulmans vivant en majorité dans les provinces de Ninh Thuân, Binh Thuân, Binh Phuoc, An Giang, Tây Ninh, Dông Nai, Ninh Thuân, Kiên Giang, Trà Vinh, Tiên Giang, Long An, Binh Duong, Binh Phuoc, et à Hô Chi Minh-Ville et Hanoi. L’État a reconnu les Comités de représentation de la communauté islamique de Ninh Thuân, d’An Giang, de Tây Ninh, de Hô Chi Minh-Ville et le Conseil d’administration provisoire de la mosquée, 12 rue Hàng Luoc, Hanoi.

L’islam compte 1,57 milliard de croyants, c’est-à-dire 22,5 % de la population mondiale, ce qui en fait la seconde du monde par le nombre de fidèles, après le christianisme et devant l’hindouisme. 20% des musulmans vivent dans le monde arabe, un cinquième sont situés en Afrique subsaharienne, et la plus grande population musulmane du monde est en Indonésie.

Agence Vietnamienne d'Information - 9 novembre 2012