40% des hommes d’affaires et 29% des citoyens ont dit qu’ils avaient dû payer des dessous de table dans leurs tractations avec des agents de la circulation, des fonctionnaires du service des impôts, des douaniers, des employés de banque, des agences de construction, des membres des services de santé. 37% des citoyens lambda et 59% des hommes d’affaires ont affirmé, selon Tuoi Tre, qu’ils avaient «parfois» dû résoudre leurs problèmes en versant des pots-de-vin à des fonctionnaires.

Le sondage a été mené par les services de l’Inspectorat en collaboration avec la Banque mondiale. 5,460 personnes ont été interrogées dans dix provinces du Vietnam, dont plus de 1.800 fonctionnaires et plus de mille hommes d’affaires, le reste réunissant des citoyens lambda. 45% des fonctionnaires ont déclaré avoir assisté à des actes de corruption.

80% des fonctionnaires interrogés ont dit que la corruption était due aux bas salaires. De leur côté, 63% des hommes d’affaires ont estimé que les fonctionnaires leur créaient des difficultés pour pouvoir obtenir des pots-de-vin. Enfin, les deux tiers des personnes interrogées ont déclaré qu’elles n’avaient pas osé rapporter ces pratiques de peur d’une vengeance. Des réflexions analogues sont entendues dans d’autres pays de l’Asie du Sud-Est, notamment en Thaïlande, en Indonésie ou aux Philippines. Enfin, toujours selon Tuoi Tre, le sondage rapporte que 87% des personnes interrogées ont réclamé une loi sur l’accès à l’information et demandé que les journalistes ne soient pas condamnés selon le code criminel pour d’éventuels manquements à leur devoir professionnel.

Par Jules Etienne - Asie Info - 22 novembre 2012