La chasse illégale des rhinocéros d'Afrique du Sud est montée en flèche ces dernières années, alimentée par une forte demande en Extrême-Orient, en particulier au Vietnam où leur corne est censée avoir une valeur médicinale miraculeuse.

«La lutte contre la criminalité autour de la faune (...) qui touche en particulier les espèces rares, précieuses et menacées, dont les rhinocéros, demeure une préoccupation du gouvernement du Vietnam», a déclaré le ministre de l'Agriculture Cao Duc Phat lors d'une cérémonie lundi à Hanoï.

Il a ajouté qu'il viserait une interdiction totale de l'importation des produits dérivés du rhinocéros au Vietnam, selon un communiqué de son ministère.

Son homologue sud-africain, Edna Molewa, a déclaré pour sa part chercher une «coopération étroite avec les partenaires vietnamiens pour faire cesser le commerce illégal de cornes de rhinocéros de l'Afrique du Sud au Vietnam».

L'accord, qui est en partie le résultat des pressions exercées par les militants, permet une coopération étroite dans la gestion de la biodiversité et la conservation, mais ne se réfère qu'en termes généraux à la lutte contre la contrebande d'espèces sauvages.

Il a pour autant été salué par le Fonds mondial pour la nature (WWF) et l'organisation Traffic, satisfaits selon un communiqué que les deux pays «aient publiquement signalé leur volonté d'intensifier la lutte contre les organisations criminelles qui se cachent derrière le massacre des rhinocéros».

Près de 300 rhinocéros ont été tués en Afrique du Sud depuis le début de l'année, contre 448 en 2011. Les cornes ont probablement été clandestinement exportées au Vietnam.

L'Afrique du Sud abrite environ trois quarts des quelque 20 000 rhinocéros blancs de la planète, et des 4800 rhinocéros noirs, en voie de disparition.

Agence France Presse - 10 décembre 2012