Ce n'est pas la Chine qui est aujourd'hui le principal fabricant de briquets jetables à pierre, mais le Vietnam. Après la mise en place il y a vingt-deux ans de la taxe antidumping européenne sur les briquets chinois à molette, les industriels de l'empire du Milieu ont aussitôt réagi. Ils ont transféré leurs usines au Vietnam, où le coût de fabrication était proche du leur. En juin dernier, se demandant s'il ne s'agissait pas d'une façon de contourner les taxes européennes, la Commission avait d'ailleurs ouvert une enquête, qui a depuis été refermée. « Il y a d'abord eu une activité en Malaisie et en Indonésie, puis le Vietnam a pris le relais en 1995-96 . Il est devenu le principal fournisseur européen de briquets à pierre il y a près de dix ans», précise Serge Amar, le patron de Polyflame, un importateur européens de briquets.

Aujourd'hui sur 1 milliard de briquets importés en Europe, 275 millions viennent du Vietnam. C'est donc ce pays, qui est le principal concurrent des trois grands fabricants européens. Car le français Bic, l'espagnol Flamagas et le suédois Cricket fabriquent à 90 % sur le Vieux Contient des briquet à pierre, pour un volume estimé à 500 millions de pièces par an. La Chine s'est, ell,e reconvertie dans la fabrication de briquets électroniques, ceux-ci la autorisés sans taxe en Europe. Les Chinois ne conservent que de petites capacités pour exporter vers les Etats-Unis et le Japon des briquets à pierre. « Quand la taxe a été mise en place en 1991, le marché européen était à quasi 100 % constitué des briquets à pierre », reprend le patron. Depuis, tout a changé, les modèles électroniques pesant en volume la moitié du marché en Europe.

Une marge limitée

Les prix varient de l'ordre de 1 à 2 euros pour les briquets importés à 2,5 euros pour ceux de Bic. « La marge des importateurs est limitée entre 5 % et 10 %, et pas 40 % comme le groupe Bic. Car nous la partageons notamment avec les grossistes et les tabacs, qui pèsent 60 % du circuit de vente », note Daniel Boughanim, le directeur financier. Pour maintenir son activité en Europe, sur un marché à la baisse ces dernières années, avec moins de fumeurs, Polyflame, filiale du géant Polyconcept (646 millions d'euros, 3.300 emplois) mise de plus en plus sur des briquets multi usage plus haut de gamme, pour allumer des bougies ou des barbecues. Avec des prix de vente entre 5 et 10 euros. « Nous aussi nous défendons l'emploi dans nos PME », reprend Serge Amar. Au total, les trois principaux importateurs de briquets chinois sur le Vieux Continent, le français et deux allemands emploient près de 500 salariés, et sont à l'origine de 500 autres emplois indirects dans la zone euro.