C'est ce qu'a indiqué l'un de leurs avocats. Les associations dénoncent déjà une atteinte aux droits de l'homme.

Blogueurs, étudiants ou encore catholiques, ces activistes ont écopés de lourdes peines : de 3 à 13 ans de prison, parfois assorties d'assignation à résidence allant jusqu'à 5 ans. Le gouvernement les accuse de tentative de renversement.

Mais surtout, la justice leur reproche leur lien avec le groupe de dissident politique Viet Tan, ce que dément leur avocat. Cette organisation basée aux Etats Unis est considéré comme terroriste par le parti communiste vietnamien.

Elle aurait fourni aux activistes les moyens de sécuriser leurs données informatiques. Certains auraient également participé aux mouvements de protestation contre les revendications territoriales chinoise, sur les îlots au large des côtes vietnamiennes. Un sujet sensible pour le gouvernement d'Hanoi.

Depuis 2009, il a lancé une véritable campagne de répression contre la liberté d'expression. Il interdit tout débat et traque les opposants. Pour Human Rights Watch, cette condamnation est la plus sévère de ces dernières années et serait un avertissement lancé aux autres opposants potentiels.

Radio France Internationale - 10 janvier 2013


Viêt-Nam. Il faut libérer les 13 militants incarcérés à tort et mettre fin à la répression des dissidents

La condamnation mercredi 9 janvier de 13 militants catholiques pacifiques au Viêt-Nam bafoue la justice et s’inscrit dans le cadre d’une répression croissante de la liberté d’expression par le gouvernement de ce pays, a déclaré Amnesty International.

La condamnation mercredi 9 janvier de 13 militants catholiques pacifiques au Viêt-Nam bafoue la justice et s’inscrit dans le cadre d’une répression croissante de la liberté d’expression par le gouvernement de ce pays, a déclaré Amnesty International.

Un tribunal de la province de Nghe An a condamné les 13 militants à des peines allant de trois à 13 ans d’emprisonnement pour « activités visant à renverser » le gouvernement. Une quatorzième personne a été condamnée à une peine avec sursis.

« Nous demandons aux autorités vietnamiennes de libérer ces militants immédiatement et sans condition », a déclaré Rupert Abbott, chargé des recherches sur le Viêt-Nam à Amnesty International.

« L’accusation de tentative de renversement du gouvernement est sans fondement, et ces personnes ont été incarcérées uniquement pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression. »

Les 12 hommes et deux femmes qui ont été jugés avaient été arrêtés au milieu de l’année 2011 parce qu’ils étaient soupçonnés d’entretenir des liens avec le parti politique Viet Tan, basé aux États-Unis. Le gouvernement vietnamien a qualifié de « terroriste » ce groupe qui milite pacifiquement en faveur d’une réforme politique.

Ces militants sont des étudiants, des blogueurs, des travailleurs sociaux et des sympathisants du prisonnier d’opinion Cu Huy Ha Vu, qui a été incarcéré en avril 2011 après avoir été accusé de « propagande contre l’État » pour avoir milité en faveur d’un système multipartite dans des articles en ligne.

« Le gouvernement vietnamien a accru tout au long de l’année dernière la répression à l’encontre des militants pacifiques et des personnes critiques à l’égard des autorités vietnamiennes », a déclaré Rupert Abbott.

« La condamnation de ces 14 militants est l’illustration d’une tendance préoccupante et suggère que la répression va se poursuivre en 2013. »

Amnesty International - Communiqué de presse du 9 janvier 2013


Jugement de 14 personnes accusées d'activités subversives

Le Tribunal populaire de la province de Nghê An (Centre) a jugé mercredi en première instance 14 personnes accusées d'activités visant à renverser l'administration du peuple, selon les clauses 1 et 2 de l'article 79 du Code pénal.

Le tribunal a condamné Hô Duc Hoa (né en 1974, Nghê An), Lê Van Son (né en 1985, Thanh Hoa), Dang Xuân Diêu (né en 1979, Nghê An) à 13 ans de prison ; Nguyên Dang Minh Mân (né en 1985, Tra Vinh), à huit ans de prison.

A quoi s'ajoute pour tous les accusés une assignation en résidence surveillée de cinq ans à compter de leur sortie de prison.

Les autres accusés, Nguyên Van Oai (né en 1981, Nghê An), Nguyên Dinh Cuong (né en 1981, Nghê An), Thai Van Dung (né en 1988, Nghê An), Nguyên Van Duyêt (né en 1980, Nghê An), ont été condamnés à quatre ans de prison, assortie d'une assignation en résidence surveillée de quatre ans.

L'accusé Trân Minh Nhât (né en 1988, Lâm Dông) a écopé de quatre ans d'emprisonnement, assortie d'une assignation en résidence surveillée de trois ans ; Nông Hung Anh (né en 1983, Lang Son) et Dang Ngoc Minh (né en 1957, Tra Vinh), de trois ans d'emprisonnement et assignation en résidence surveillée de quatre ans ; Nguyên Xuân Anh (né en 1982, Nghê An) et Hô Van Oanh (né en 1985, Nghê An), de trois ans d'emprisonnement et assignation en résidence surveillée de trois ans.

Nguyên Dang Vinh Phuc (né en 1980, Tra Vinh) a été condamné à trois ans de prison avec sursis et 37 mois et 16 jours de mise à l'épreuve. Il a été libéré car il a déjà purgé cette peine.

Selon l'acte d'accusation du Parquet populaire suprême, début 2009 jusqu'à fin 2011, les accusés ont été envoyés à l'étranger par l'organisation réactionnaire à l'étranger "Viêt Tân" (soi-disant "Parti pour la réforme du Vietnam") afin de manigancer un plan de renversement de l'administration du peuple.

"Viêt Tân" leur a confié des missions, de l'argent et des moyens de transport pour mener des activités contre l'administration du peuple.

Trois autres accusés, Nguyên Xuân Kim, Thai Van Tu et Lê Sy Sang, ont pris la fuite et un mandat de recherche a été émis à leur encontre.

Agence Vietnamienne d'Information - 9 janvier 2013