Qu'attendez-vous de cette Année de la France au Vietnam ?

Les entreprises françaises sont mobilisées en force. Elles ont une appétence pour l'Asie du sud-est, avec son marché de 600 millions de consommateurs, et pour le Vietnam en particulier. Cette zone est la priorité de notre diplomatie économique.

Quel est votre objectif ?

Notre part de marché est de 1 % au Vietnam, contre 1, 5 % en moyenne dans l'ensemble des pays du Sud-Est asiatique. Ce n'est pas normal. Le Vietnam est en pleine expansion et veut acquérir une base industrielle. Le partenariat signé par Peugeot et Thaco, premier producteur national, pour l'assemblage de la 408, est un bon exemple de cette volonté. Cela permet à un grand groupe automobile dans un secteur en difficulté de s'implanter sur un marché porteur. Nous avons manqué le virage du scooter, utilisé par la grande majorité de la population ; il faut être prêt pour la voiture.

Comparée au dynamisme de l'Asie, la France est-elle au bord du décrochage ?

Non, au contraire. Le désendettement de notre pays nous permet d'obtenir des taux d'intérêt au plus bas, ce qui profite aux entreprises qui voudraient emprunter. Elles peuvent aussi solliciter des crédits avec la mise en place de la Banque publique d'investissement. Enfin, nous avons deux produits fiscaux attractifs : le crédit impôt recherche, qui attire les investisseurs étrangers, et le crédit impôt compétitivité, qui va donner aux entreprises un ballon d'oxygène pour investir et, pourquoi pas, exporter. Je comprends l'impatience des entreprises françaises, mais je suis persuadée que cela va marcher.

Par Mathieu Bruckmüller - 20minutes.fr - 12 avril 2013