L'insurrection a duré quelques heures. Dimanche matin, des prisonniers ont pris le contrôle d'une prison au sud du Vietnam pour réclamer de meilleures conditions de détention. Pendant la révolte, le directeur de l'établissement a été pris en otage, selon les informations de la presse officielle lundi.

La prison située à Xuan Loc, dans la province de Dong Nai près de Ho Chi Minh-Ville, abrite des prisonniers politiques de premier plan, selon plusieurs blogs de dissidents. Les détenus exigent une meilleure nourriture ou leur transfert dans d'autres établissements.

Un policier blessé

Quelques dizaines de prisonniers ont "détruit la prison" et pris le directeur en otage avant que les gardiens ne reprennent le contrôle dans l'après-midi, a précisé le quotidien Tien Phong, indiquant qu'un policier avait été légèrement blessé.

"Nous avons identifié quelque 40 prisonniers" responsables des violences et de la prise d'otage, "qui seront punis conformément à la loi", a déclaré le le lieutenant-général de la police Ho Thanh Dinh, cité lundi par le quotidien Thanh Nien.

Des militants pro-démocratie

Les troubles ont été provoqués "par certains prisonniers de premier plan", a-t-il encore indiqué, sans préciser s'il s'agissait de prisonniers politiques. Selon des blogs dissidents, le militant pro-démocratie Tran Huynh Duy Thuc, qui purge une peine de 16 ans de prison pour tentative de subversion du régime communiste, est notamment détenu dans cette prison.

Le Parti démocratique populaire du Vietnam, interdit par Hanoï, a de son côté indiqué par e-mail à l'AFP que des prisonniers politiques étaient à l'origine du mouvement destiné à dénoncer leur "traitement inhumain".

Ces violences ont eu lieu quelques jours après la fin d'une grève de la faim de trois semaines du célèbre dissident Cu Huy Ha Vu. Condamné à sept ans de prison pour propagande contre l’État, il dénonçait lui aussi ses conditions de détention, dans un autre établissement. Vu voulait "montrer que même en prison, on peut se battre pour ses droits", avait alors déclaré son avocat Tran Vu Hai.

RTL.fr avec Agence France Presse - 1er Juillet 2013