Le Vietnam a exécuté mardi son premier prisonnier par injection létale, après une interruption de deux ans des exécutions en raison de problèmes d'approvisionnement en produits chimiques. Le pays communiste avait abandonné en juillet 2011 les pelotons d'exécution au profit de l'injection létale, une méthode qu'il jugeait "plus humaine", mais il n'avait pas pu importer les produits nécessaires en raison d'une interdiction d'exportation de l'Union européenne.

En mai, la loi avait finalement été modifiée pour permettre que les condamnés à mort soient exécutés avec des produits chimiques locaux, ouvrant la voie à une reprise des exécutions.

La Haut Commissaire Navi Pillay avait écrit le mois dernier au premier ministre vietnamien Nguyen Tan Dung appelant à l'abolition de la peine de mort mais elle n'a pas reçu de réponse, a indiqué sa porte-parole Cécile Pouilly. "Nous appelons instament le gouvernement à ne pas accomplir d'autres exécutions et à rejoindre le nombre grandissant de pays qui ont établi un moratoire sur la peine de mort (...) dont 19 pays d'Asie", a ajouté la porte-parole.

Le Vietnam compte actuellement plus de 586 prisonniers dans le couloir de la mort. 116 d'entre eux ont épuisé tous les recours légaux, a souligné Cécile Pouilly. Les autorités vietnamiennes ne publient pas de statistiques officielles sur les exécutions. Mais Amnesty International en avait recensé cinq en 2011 et a fait état de 23 condamnations à mort depuis le début de l'année, prononcées principalement contre des trafiquants de drogue.

Le Figaro avec Agence France Presse - 9 Août 2013