«Il y a eu trois explosions à la bombe (depuis mercredi soir). Dans la deuxième, un employé municipal a été tué ce matin» jeudi à Namkham près de la frontière chinoise, a déclaré ce responsable à l’AFP.

«Nous sommes en train d’enquêter», a-t-il ajouté.

Cette ville est située dans une région secouée ces dernières années par des combats entre l’armée birmane et des groupes rebelles de minorités ethniques.

Une série d’explosion a eu lieu dans diverses parties du pays depuis vendredi, tuant jusqu’ici deux personnes et faisant plusieurs blessés.

Une Américaine a notamment été blessée dans un attentat qui a visé lundi soir l’hôtel Traders, établissement luxueux du centre de Rangoun très prisé des étrangers.

Les observateurs ont noté que les bombes étaient probablement destinées à causer la panique et à saper le processus du réformes engagées depuis la dissolution de la junte en 2011, et non pas à faire beaucoup de victimes.

Plusieurs gouvernements occidentaux ont malgré tout appelé leurs ressortissants voyageant en Birmanie à la prudence.

Les Etats-Unis ont condamné les attentats, appelant les autorités à agir dans le respect de l’état de droit.

«Les actes de violence comme ceux commis ou tenté depuis une semaine n’ont pas de place dans une société civilisée et nous avons confiance en la population de ce pays pour affronter ces actes terroristes avec force, détermination et un engagement continu envers la paix nationale, le développement et la réconciliation», a déclaré l’ambassade des Etats-Unis à Rangoun dans un communiqué.

Le quotidien officiel New Light of Myanmar a également dénoncé des «actes lâches qui doivent être considérés comme des actes terroristes».

Un homme de 27 ans, précédent occupant de la chambre d’hôtel du Traders, a été arrêté mardi dans l’Etat de Mon (sud-est) et une enquête ouverte contre lui pour infraction à la loi sur les explosifs et blessures graves, selon la police.

Les explosions étaient relativement courantes sous l’ancienne junte, qui les attribuait régulièrement aux groupes armés des minorités ethniques qui n’avaient pas pacifié leurs relations avec l’ancienne junte depuis l’indépendance en 1948.

Mais de tels événements se sont raréfiés après la dissolution de la junte en mars 2011 et le lancement de réformes spectaculaires par le nouveau gouvernement qui a conclu des accords de paix préliminaires avec les principaux groupes rebelles.

Aucun groupe n’a revendiqué les attaques des derniers jours. Les rebelles de la minorité ethnique kachin, qui combattent l’armée dans le nord du pays, dans l’Etat Kachin mais aussi le nord de l’Etat Shan, ont nié être impliqués dans celles de Namkham.

«Nous ne sommes absolument pas ceux qui ont installé les bombes. Nous travaillons pour la paix non seulement en Etat Kachin mais dans tout le pays», a assuré à l’AFP le colonel James Lum Dau, porte-parole de l’Organisation pour l’indépendance kachin (KIO).

Les Kachins sont les seuls parmi les principaux groupes rebelles à n’avoir pas encore signé.

Selon les experts, les réformes spectaculaires engagées par le gouvernement ces deux dernières actions ont perturbé les tenants de la ligne dure du régime et certains factions au sein des groupes rebelles.

Agence France Presse - 17 octobre 2013


Touriste blessée par l'explosion d'une bombe

L'explosion qui a blessé une Américaine dans la nuit de lundi à mardi dans un grand hôtel de la plus grande ville de Birmanie, Rangoun, a été provoquée par une «bombe à retardement».

«C'était une bombe à retardement, un réveil était attaché à l'engin», a déclaré mardi ce policier qui s'était rendu dans la nuit sur les lieux de l'explosion dans une chambre de l'hôtel Traders. Le pays a été secoué ces derniers jours par une série mystérieuse d'explosions d'engins artisanaux qui a fait deux morts et plusieurs blessés.

«Au moins trois personnes» ont été interpellées dans le cadre de l'enquête sur ces événements, dont le précédent occupant de la chambre visée à l'hôtel Traders, selon une autre source policière. «L'homme qui séjournait (dans la chambre) avant la famille américaine a été arrêté parce que nous le soupçonnons. Il a été interpellé dans l'Etat Mon (sud-est du pays) tôt ce matin, mais il est trop tôt pour dire s'il a installé la bombe», a-t-elle précisé.

Deux autres déflagrations

L'explosion au Traders est intervenue dans un climat d'inquiétude après une série d'explosions dont les auteurs n'ont pas été identifiés. Vendredi, un homme et une femme avaient été tués et une autre personne blessée dans l'explosion d'un engin artisanal dans une maison d'hôte de la ville de Taunggu, à environ 65 kilomètres de la capitale Naypyidaw, selon la police. Deux autres engins ont explosé dimanche à Rangoun, l'un à un arrêt de bus, l'autre placé sous un camion. Ce dernier a blessé deux adolescents, selon les autorités. Deux engins artisanaux ont été également retrouvés lundi à Rangoun et à Mandalay, selon le général Min Aung, du département Renseignement et sécurité de la police nationale.

Et deux autres explosions ont eu lieu tôt mardi matin dans un restaurant et près d'une pagode dans la région de Sagaing, a indiqué le lieutenant-colonel de la police nationale Min Aung, notant que les autorités partaient du principe qu'elle étaient également dues à des engins explosifs. «Il est toujours trop tôt pour dire qui est responsable de ces actes», a-t-il répété mardi. Les explosions étaient relativement courantes sous l'ancienne junte, qui les mettait sur le compte des groupes armés des minorités ethniques. Elles se sont raréfiées depuis la dissolution de la junte en 2011 et le lancement de réformes spectaculaires par le nouveau gouvernement qui a notamment conclu des accords de paix préliminaires avec les principaux groupes rebelles. Mais le pays à grande majorité bouddhiste a été secoué depuis 2012 par plusieurs vagues de violences entre bouddhistes et musulmans, qui ont fait au total quelque 250 morts et plus de 140.000 déplacés, en grande majorité des musulmans.

Agence Télégraphique Suisse - 15 octobre 2013


Birmanie : les explosions voulaient semer la peur

RANGOON – La série d’explosions qui a secoué plusieurs villes de la Birmanie au cours des derniers jours visait à effrayer les investisseurs étrangers qui affluent depuis que le pays s’est engagé sur le chemin de la démocratie, a indiqué vendredi le chef de la police nationale.

Neuf explosions ont fait trois morts et 10 blessés au cours de la dernière semaine.

Toutes les attaques seraient l’oeuvre du même individu ou du même groupe. Un homme d’affaires associé à un groupe rebelle kachin aurait promis à un suspect, Saw Myint Lwin, une permis d’exploitation de mine d’or s’il réussissait à cacher des bombes dans des hôtels de luxe et des restaurants.

L’homme de 25 ans serait notamment responsable de l’explosion qui a blessé une touriste américaine dans un des hôtels les plus courus de Rangoon.

Saw Myint Lwin avait été pris en filature par la police après avoir tenté, sans succès, de cacher une bombe dans un restaurant. L’engin avait été désamorcé après avoir été repéré par un membre du personnel.

La principale organisation kachine a signé un accord de paix avec le gouvernement birman et collabore avec lui pour identifier d’autres suspects.

The Associated Press - 18 octobre 2013