C'est ce qu'a affirmé le journal "Pracheachon", l'organe du Parti du peuple cambodgien (CPP), qui présente dans son numéro spécial paru le 6 janvier un éditorial intitulé "Le 7 janvier 1979 - La vérité inscrite dans l'histoire ", à l'occasion du 35e anniversaire de la victoire sur le régime génocidaire des Khmers Rouges (7 janvier).

Il y a 35 ans, le 7 janvier, les forces armées du Front d’Union Nationale pour le Salut du Kampuchéa, appuyées par les soldats volontaires vietnamiens, mettaient à genoux le régime génocidaire de Pol Pot, contribuant à sortir le Cambodge de la folie meurtrière dans laquelle ses infâmes dirigeants l'avaient plongé.

Durant ces 35 dernières années, le peuple cambodgien a redressé et édifié le pays sur les cendres du génocide des Khmers Rouges. L es Cambodgiens ont réussi à empêcher le retour de ce régime et à protéger le renaissance du pays. Les droits de liberté, de démocratie et l'honneur humain, totalement bafoués sous le régime de Pol Pot, ont été restaurés et sont depuis respectés, a souligné "Pracheachon".

Le pays est parvenu à développer son économie, améliorer le niveau de vie de sa population, stabiliser la politique et la société, l'indépendance, la souveraineté et l'intégrité territoriale et protéger tous les acquis obtenus par le peuple.

Le Cambodge est fier de ses réalisations et joue désormais un rôle actif sur la scène internationale. Sous la direction du Premier ministre Hun Sen, le gouvernement cambodgien a réalisé avec succès la deuxième phase du Programme stratégique du quadrilatère de développement.

En 2013, le Produit intérieur brut du pays a progressé de 7,6 % contre 7,3 % en 2012. Le revenu per capita était de 1.036 dollars, contre 973 dollars en 2012.

Selon l'article, le succès du CPP lors des récentes cinquièmes élections législatives organisées le 28 juillet 2013 a permis à ce parti politique d'être reconduit cinq ans supplémentaires à la tête du pays. Cela montre aussi la confiance que porte la population à son égard.

Les forces hostiles cherchent toujours à aller à l'encontre du développement du pays. Elles ne renoncent jamais à fomenter complots et actes à même de dénaturer la vérité, d'empêcher et de s'opposer à la direction du CPP ainsi que de diffamer le soutien juste, égal et humaniste des soldats volontaires vietnamiens. Elles nient intentionnellement la vérité historique.

La population cambodgienne, toutes générations confondues, se souviendra pour toujours de la vérité historique de ce jour, le 7 janvier, a conclu le "Pracheachon".

Le correspondant de l'Agence vietnamienne d'Information (VNA) a profité de cette occasion pour interviewer le journaliste Khiev Kola, commentaire politique de la chaîne de télévision CTN du Cambodge, sur cet événement.

Il a affirmé que la présence des volontaires vietnamiens au Cambodge satisfaisait l'appel pressant du Front uni pour le salut national du Kampuchéa et l'aspiration du peuple cambodgien. Ceux-ci ont aidé le peuple cambodgien non seulement à sortir du génocide, mais aussi à redresser et édifier son pays.

Agence Vietnamienne d'Information - 6 Janvier 2014


Au Cambodge, Hun Sen choisit la manière forte pour mater la contestation

Après avoir toléré durant des mois la plus forte opposition populaire à son « règne » de vingt-huit ans, le premier ministre cambodgien, Hun Sen, a choisi la manière forte. Vendredi 3 janvier, la police a tiré contre des ouvriers du textile manifestant dans Phnom Penh pour une hausse de leurs salaires, faisant quatre morts et une vingtaine de blessés.

Samedi, les forces de l'ordre ont dispersé, parfois violemment, les opposants qui occupaient depuis décembre le « parc de la liberté ». On a même vu, chose rare en Asie du Sud-Est, des policiers casqués poursuivre des bonzes en robe safran, qui s'étaient joints à ce rassemblement où se côtoyaient opposants politiques, ouvriers, jeunes de Phnom Penh et religieux.

Le centre cambodgien des droits de l'homme a accusé le gouvernement d'avoir envoyé des « bandes de voyous en civil » disperser les manifestants. Désormais, le droit de manifester et de se rassembler est interdit jusqu'à nouvel ordre. Le gouverneur de Phnom Penh, Pa Socheatvong, a déclaré que les opposants ne pourront plus manifester jusqu'à ce que « la sécurité et l'ordre public soient rétablis ». Et le 14 janvier, Sam Rainsy et Kem Sokha, respectivement président et vice-président de la formation d'opposition Parti du sauvetage national du Cambodge (PSNC), sont convoqués à la cour municipale de Phnom Penh pour répondre aux accusations d'« incitations à troubler l'ordre public ». M. Rainsy a assuré, dimanche, qu'ils s'y rendraient tous les deux : « Nous n'avons rien fait de mal. Au contraire, ce sera l'occasion, pour nous, d'aider à révéler la vérité. »

La situation s'est tendue dans le royaume depuis les élections de juillet 2013. La formation du premier ministre, le Parti du peuple cambodgien (PPC), a vu sa représentativité parlementaire sérieusement érodée. Ila perdu 22 sièges à l'Assemblée et la majorité des deux tiers. L'opposition et Sam Rainsy ont en outre affirmé que les fraudes électorales ou les intimidations de votants avaient été telles que la victoire aurait dû leur revenir. Selon eux, le résultat final (68 sièges au PCC et 55 au PSNC) découle d'une manipulation. Conséquence, l'opposition boycotte les sessions de l'Assemblée nationale.

Les manifestations monstres à l'échelle du Cambodge de ces derniers jours peuvent faire penser que l'on assiste peut-être au début du crépuscule de l'« ère » Hun Sen. Ex-officier Khmer rouge qui avait fait défection avant de rentrer dans Phnom Penh en 1979 aux côtés de l'armée vietnamienne venue chasser les « polpotistes », il est à la tête d'un régime de plus en plus honni par la population.

Système de "prédateurs"

Protégé par une garde prétorienne et tenant fermement l'appareil militaire et policier, Hun Sen est accusé d'avoir créé un système de « prédateurs », au sein duquel des clans se partagent les dividendes d'une certaine prospérité économique qui a creusé les inégalités.

Dans la foule, samedi, une femme criait : « Hun Sen s'enrichit, le peuple s'appauvrit ! » Le slogan résume sans doute le décalage aujourd'hui perceptible entre la figure d'un Hun Sen artisan de la reconstruction post-khmer rouge et la réalité d'une situation sociale dans un pays où beaucoup de jeunes ne se sentent pas concernés par le souvenir du régime génocidaire. Et la façade d'un enrichissement de la capitale cache mal le fait qu'un tiers des enfants cambodgiens est mal nourri et que seul un quart de la population a accès à l'électricité.

e système qu'Hun Sen a mis en place est paradoxal. Son comportement est autoritaire mais des élections sont organisées et la liberté d'expression pas totalement muselée. Il choisit la manière forte après avoir laissé l'opposition défiler dans les rues. Impensable dans le Vietnam voisin.

Mais l'aspect le plus neuf est l'alliance entre l'opposition politique et les syndicats ouvriers. Les ouvriers du textile représentent une force de travail de 650 000 personnes et sont en lutte pour que leurs salaires doublent, c'est-à-dire passent de 80 dollars (59 euros) le mois à 160.

Sam Rainsy, âgé de 64 ans, avait commencé à organiser des syndicats non inféodés au pouvoir dès 1990. Il a bien compris que le soutien des ouvriers était crucial dans le combat engagé contre Hun Sen, son adversaire de toujours. Ce dernier, qui a 61 ans, a juré de rester au pouvoir jusqu'à l'âge de 74 ans.

Par Bruno Philip - Le Monde - 6 janvier 2014