La nouvelle ne fait pas les gros titres de la presse locale. C’est que ce phénomène est récurent au Cambodge, comme l’explique Joël Preston, du CLEC, une organisation oeuvrant pour les droits des travailleurs : « Les vagues d’évanouissements ont commencé, je pense, en 2010, année où plusieurs milliers d’ouvrières en ont été affectées. Cela s’est poursuivi à un rythme d’environ 2 000 cas par an. Ce que nous savons depuis longtemps, c’est que ce phénomène est directement lié au salaire. Les rapports rédigés sur ce sujet par l’Organisation internationale du travail confirment clairement le lien existant entre salaires, malnutrition et évanouissements de masse. Ce que le gouvernement refuse jusque-là d’admettre. »

Les bas salaires poussent les ouvriers à faire des heures supplémentaires, ce qui les fatigue et les rend plus vulnérables quand ils sont exposés à une mauvaise aération ou à l’inhalation de substances chimiques dans les usines. Pour certains patrons, et les autorités, ce ne sont là que des mouvements de panique.

Ce qui fait sourire Joël Preston. « Ils font face à un stress constant en se demandant : "Pourrai-je nourrir ma famille ce mois-ci ? Ai-je assez d’argent pour envoyer mes enfants malades chez le docteur ?" Après, si ces gens veulent appeler cela de l’hystérie collective, peu importe », vitupère Joël Preston. Pour lui, peu a été fait pour résoudre ce problème. D’où la nécessité, selon son ONG, de multiplier les inspections des conditions de travail dans les usines.

Par Stéphanie Gee - Radio France Internationale - 4 avril 2014