Lors d’une conférence de presse donnée devant des journalistes cambodgiens et internationaux pour conclure sa visite de cinq jours au Cambodge, Mme Pansieri s’est dite « attristée » par l’usage excessif de la force à Freedom Park lors de la fête du travail (voir notre article du vendredi 2 mai) à l’encontre de participants et de journalistes présents sur les lieux. Selon elle, « cela pose la question du rôle des forces de sécurité lors de manifestations et d’opérations du maintien de l’ordre . L’interdiction de manifester n’obéit à aucune notion de légalité, nécessité ou proportion». Lors de sa visite, elle a eu l’occasion de porter ses inquiétudes à la connaissance du Ministère des Affaires Etrangères, Mr. Hor Namhong, ainsi qu’au président du Comité des Droits de l’Homme de l’Assemblée nationale, Mr. Om Yeng Tieng, en leur rappelant leur engagement à respecter les droits à la liberté d’expression et à la liberté de rassemblement au nom du Pacte relatif aux droits civils et politiques adopté par le Kampuchéa Démocratique en 1992.

Avis mitigé sur la situation générale des droits de l’homme du pays

Pour Mme Pansieri, la situation de la liberté d’expression et du droit à l’association s’est détériorée en 2014, notamment en raison de l’interdiction de manifestation imposée depuis le 4 janvier. « On m’a assuré qu’elle était temporaire », a-t-elle dit. « Si tel est le cas, il est temps de la lever et de permettre à nouveau l’exercice de la liberté d’expression et d’association. Cela serait un développement très positif pour la situation des droits de l’homme dans le pays ».

La Haut-Commissaire adjoint a également affirmé que la situation générale des droits de l’homme, s’était améliorée lors des élections législatives de 2013 et dans les tous premiers moments qui les ont suivis. « On y a vu du positif en ce qui concerne les libertés et l’ouverture à des avis différents. Cela montre que le Cambodge est préparé à intégrer la démocratie à son image », a-t-elle dit.

La situation politique doit se débloquer

Interrogée par un journaliste de la chaîne de télévision CNC sur la situation politique actuelle et l’état des négociations entre le CPP et le CNRP, Mme Pansieri a insisté sur le fait qu’il était de première importance « pour le Cambodge et les Cambodgiens » que les négociations aboutissent. « Tous les partis ont un rôle à jouer et le dialogue est l’ingrédient le plus important, dans le respect et la confiance mutuels, et dans l’intérêt des Cambodgiens afin de garantir sécurité, progrès et développement», a-t-elle dit.

Mme Pansieri a également établi que le développement économique important que connaît le pays doit toucher tous les citoyens et que tous les Cambodgiens devraient en connaître les bénéfices. À ce titre, elle a soulevé le problème des accaparements de terre : « encourager l’investissement du secteur privé ne doit pas être un coût à ou prendre le pas sur les obligations légales ou le respect des droits fondamentaux des familles et des minorités », a-t-elle expliqué en demandant à ce que les sites de relogement prévus obéissent aux critères du Pacte relatif aux droits économiques, sociaux et culturels que le Cambodge a aussi adopté.

Lors de la conférence de presse, Mme Pansieri a salué les efforts et les résultats du gouvernement cambodgien pour avoir attribué plus de deux millions de titres de propriété dans la dernière décennie, amélioré l’efficacité de la cour d’appel, pris exemple sur les CETC pour améliorer leur droit local et mis en place la politique de réforme des prisons. Tout en soulignant que les efforts devaient être poursuivis, elle a conclu en disant : « je quitte le Cambodge aujourd’hui avec une meilleure connaissance de ses défis mais aussi de ses attentes de voir le progrès possible pour tous ».

Par Clothilde Le Coz - Lepetitjournal.com – 5 mai 2014