"L'activité criminelle en Birmanie menace les efforts de développement", déplore l'Office des nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) dans un communiqué annonçant un accord de coopération avec les autorités birmanes.

La Birmanie est le deuxième producteur mondial d'opium derrière l'Afghanistan et une zone importante de production de drogue de synthèse.

A cela s'ajoutent des trafics divers, du bois aux humains, dans la zone du Triangle d'Or (aux confins du Laos et de la Thaïlande, coeur du trafic de drogue) ou avec la Chine et l'Inde voisines.

La Birmanie, l'un des pays les plus pauvres de la planète, a souffert pendant des décennies de la corruption et de la mauvaise gestion économique de la junte militaire. Depuis l'auto-dissolution de la junte, les réformes économiques se sont multipliées, mais les obstacles restent nombreux.

"Les bénéfices financiers importants générés par différentes formes de trafics en Birmanie génèrent du blanchiment et dénaturent l'économie légitime, corrompent les fonctionnaires et menacent la stabilité", ajoute l'Office des nations unies contre la drogue et le crime.

Son accord avec les autorités birmanes, courant jusqu'en 2017, couvre des programmes anti-corruption mais aussi des développements alternatifs pour les cultivateurs de pavot, base de l'opium, dont la production est à ses plus hauts niveaux depuis une décennie en Birmanie.

Depuis 2011, le gouvernement du président réformateur Thein Sein, un ex-général, a multiplié les réformes économiques et politiques. Cela a poussé à la levée de la plupart des sanctions occidentales et attiré les investisseurs étrangers en masse.

Agence France Presse - 18 Août 2014


Birmanie: pour près de 5,5 millions d’euros de drogues enterrées dans la forêt

Les autorités birmanes ont saisi pour près de 5,5 millions d’euros de différentes drogues enterrées dans la forêt dans le célèbre «Triangle d’or», a indiqué la police mardi, faisant craindre une nouvelle hausse du trafic de drogue dans la région.

Lors d’une opération conjointe dans l’Etat Shan, dans l’est birman, l’armée et la police ont découvert deux millions de cachets de méthamphétamines, une importante quantité de produits chimiques servant à la fabrication de drogues, de l’opium et des blocs d’héroïne.

«Notre gouvernement est très inquiet de la situation. La drogue devient un problème très important», a indiqué un responsable de la police anti-drogue sous couvert de l’anonymat.

L’Etat Shan, principale région de production de drogues dans le pays, fait partie du Triangle d’Or, aux confins de la Thaïlande, du Laos et de la Birmanie.

Cette région était il y a trente ans le premier producteur d’opium, matière première de l’héroïne. Mais l’Afghanistan a depuis pris cette place.

La Birmanie, qui a vu une montée en puissance de la fabrication de méthamphétamines, reste malgré tout le deuxième producteur d’opium, avec 10% de la production mondiale, selon l’ONU.

Les autorités birmanes ont promis de faire plus contre le trafic de drogue, mais leur tâche est compliquée par le fait qu’une grande partie de la drogue est produite dans des lieux isolés et mobiles, où persistent des combats entre l’armée et des rebelles de minorités ethniques accusés de se financer grâce à ce trafic.

Plusieurs importantes saisies de drogue ont eu lieu dans cette zone cette année, dont 140 kilos d’héroïne d’une valeur de 1,7 million d’euros en juillet.

Fin juin, la Birmanie avait brûlé plus de 2,5 tonnes de drogues saisies, dont 1,3 tonne d’opium et 225 kilos d’héroïne.

Agence France Presse - 12 Août 2014