177, c'est le nombre du jour. Mercredi 17 septembre, les ouvriers et ouvrières du textile (ce sont à 90% des femmes) sont en grève au Cambodge pour obtenir un salaire mensuel minimum de 177 dollars.

Les manufactures locales sont sous pression, mais le message s'adresse aussi à la communauté internationale, et en particulier aux grandes marques occidentales qui profitent de cette main d’œuvre à bas coût. La marque H&M, parce qu'elle a déjà promis de mettre en œuvre des bonnes pratiques, est par exemple dans le viseur de l'ONG Peuples Solidaires, qui a lancé une pétition. Ce sont aussi les marques Adidas, C&A, Gap, Levi's, Puma, Walmart et Zara qui figurent sur les badges arborés par les grévistes.

Le textile représente plus de 10% du PIB cambodgien, plus de 90% de ses exportations. Et fait travailler au moins 300 000 personnes. La campagne « 177 dollars » est lancée à l'approche d'une nouvelle journée de négociations sur les salaires dans le secteur entre gouvernement, patronat et syndicats, prévue pour le 1er octobre.

La contestation dans le secteur du textile cambodgien, appuyée par les syndicats, pour obtenir un salaire minimum « vital » a commencé voilà un an. Conséquence entre autres de la catastrophe du Rana Plaza au Bangladesh, qui a ouvert les yeux de la communauté internationale sur les conditions de travail des petites mains du textile.

Le 16 septembre 2013, des dizaines de milliers de travailleuses et travailleurs se mettaient en grève dans 90 usines. En janvier dernier, les syndicats ont obtenu une première augmentation du salaire minimum, qui est passé de 75 à 100 dollars par mois. Mais dans le même temps les protestations devant les usines et dans les rues ont été sévèrement réprimées. Plusieurs leaders syndicaux sont sous le coup de poursuites.

Le secteur est aussi marqué par des « évanouissements de masse » dans les usines. Les syndicats ont relevé plus de 2200 cas en 2013, qu'ils attribuent aux mauvaises conditions de travail.

Par Arnaud Bihel - Les Nouvelles News - 17 septembre 2014


Manifestation d'appui aux travailleurs cambodgiens mercredi

Des syndiqués et des membres de la communauté cambodgienne manifesteront devant une boutique de la rue Sainte-Catherine Ouest, mercredi midi, au centre-ville de Montréal, en soutien aux travailleurs du vêtement du Cambodge qui luttent pour augmenter le salaire minimum à 177$ par mois.

L'Union des employés de service, section locale 800, affiliée à la FTQ, souligne que le salaire minimum actuel dans les manufactures de vêtements du Cambodge est de 100$ par mois.

Le syndicat affirme que depuis 2010, des milliers de travailleurs oeuvrant dans ce qu'il dit être des ateliers de misère se sont évanouis dû à une combinaison de longues heures, de malnutrition, de milieux de travail surchauffés et de vapeurs toxiques.

Des grèves pour de meilleurs salaires ont éclaté, ce qui a provoqué une fermeture temporaire des usines. Des manifestations auraient été réprimées dans le sang et des leaders syndicaux auraient été arrêtés.

Ce 17 septembre est une journée d'action globale au cours de laquelle auront lieu des manifestations à travers le Canada et les États-Unis devant des magasins au détail qui vendent des vêtements confectionnés au Cambodge.

Des actions prendront place simultanément dans des usines du Cambodge et devant des ambassades cambodgiennes à travers le monde.

La Presse Canadienne - 17 septembre 2014