Brice Dulin, l'international agenais parti à Castres, a mis, en juillet dernier, l'ONG Kampuchéa Balopp, fondée par Jean-Baptiste Suberbie, sous les projecteurs en faisant un stop au Cambodge après la dernière tournée du XV de France en Australie.

Installé depuis onze ans à Clermont-Soubiran, Maurice Cuquel, 57 ans, ancien instituteur, a épousé la cause de Kampuchéa Ballop quelques mois plus tôt, précisément en décembre 2013, à l'occasion d'un de ses nombreux périples en Asie. Passionné de photos depuis les années lycée, ancien pigiste de «La Dépêche du Midi», Maurice parcourt le monde depuis une vingtaine d'années avec des objectifs en bandoulière et un regard humaniste. «Du terrain au terrain»

Des sujets précis, des pays choisis, il est dans une démarche de photojournalisme. Il capte ce combat qu'est la vie. Les enfants boxeurs à Cuban, la boxe birmane, Maurice est un tisseur de liens. «Ma démarche «du terrain au terrain» c'est-à-dire le fait d'accompagner mes images du terrain (le Cambodge, l'Algérie, la Birmanie…) au terrain (mes lieux d'expo : lycées, collèges, prisons, médiathèques, festivals photo), explique-t-il, me permet de ne jamais déconnecter d'un sujet. Je reste informé, en contact avec les gens qui m'ont reçu et pour le rugby, ça ira plus loin puisque je me suis engagé auprès de Kampuchéa Balopp à les promouvoir dans le milieu en France et à récupérer du matériel.»

C'est, en 2012, à la suite d'un travail sur les paysans sans terre du Cambodge qu'il avait découvert la (petite) place de l'Ovale dans ce pays et son importance en termes de transmission de valeurs. Il tient d'ailleurs à saluer l'association «Pour un sourire d'enfant» de Philippe Monnin. Ce directeur de plantation d'hévéas œuvre pour le développement de la balle ovale. Dans le nord du Cambodge, il a notamment aménagé un terrain où Maurice a réalisé quelques clichés.

Maurice Cuquel accrochera, pour la première fois, ses images cambodgiennes au comité de rugby de Midi-Pyrénées lors du match Toulouse-Toulon le dimanche 12 octobre. Elles tourneront ensuite dans les lycées, médiathèques et prisons où il a l'habitude d'exposer. Il est aussi prêt à répondre aux clubs qui souhaitent rejoindre cette aventure à l'accent humanitaire.

Enfin, il compte les proposer au off de «Visa pour l'image», le Festival international du Photojournalisme de Perpignan. «Dans un pays où une ouvrière textile gagne 80 dollars par mois, rappelle Maurice, un orphelin peut avoir un salaire de 220 dollars en jouant au rugby». La fameuse expression, «le rugby, c'est l'école de la vie» prend, au Cambodge, une autre dimension.

Par Bertrand Chomeil - Le Petit bleu de Lot et Garonne - 19 septembre 2014