Un ex-soldat, un officier de police et un autre de la police militaire ont été interpellés après le meurtre par balles dimanche de Taing Try, 48 ans.

Les trois suspects sont soupçonnés d'être partie prenante du commerce illégal de bois dans le pays.

Le reporter "a pu représenter une menace pour les intérêts des trois suspects", a commenté Oum Phy, responsable de la police de Kratie, province de l'est du Cambodge qui compte de vastes forêts.

Travaillant pour plusieurs publications locales, Taing Try "s'était rendu à un endroit où on lui avait dit qu'étaient transportés des arbres illégalement abattus", selon Sok Sovann, président de l'Association des journalistes khmers pour la démocratie.

Il a démenti des informations des médias locaux selon lesquelles le journaliste s'était rendu sur place pour tenter de faire chanter les trafiquants en les menaçant d'écrire sur leurs activités.

Les militants écologistes sont souvent menacés au Cambodge, où les appropriations illégales de terres et le trafic de bois sont des pratiques courantes.

En avril 2012, le militant écologiste de premier plan Chut Vuthy avait été abattu dans une forêt par un membre de la police militaire, après avoir refusé de lui céder des photos montrant un trafic de bois dans la province de Koh Kong (sud-ouest).

Moins de six mois plus tard en 2012, le journaliste Hang Serei Oudom, enquêtant sur le trafic de bois, a été également retrouvé mort dans sa voiture. En 2013, un policier militaire avait été acquitté du meurtre.

Le gouvernement du Premier ministre Hun Sen est accusé de distribuer sans discernement des centaines de milliers d'hectares de forêt, y compris dans des zones protégées, pour des projets qui vont de la canne à sucre au caoutchouc en passant par l'hydroélectricité. Le tout à des entreprises proches du pouvoir, dénoncent des militants locaux.

Ceux-ci accusent les forces de sécurité, en particulier l'armée, de soutenir ces sociétés privées.

L'absence de régulation contribue largement à la déforestation au Cambodge: de 73% du territoire en 1990, les zones forestières sont passées à 57% en 2010, selon l'ONU.

Agence France Presse - 13 Octobre 2014