Dieu Cay, de son vrai nom Nguyen Van Hai, a choisi de se rendre à Los Angeles où il a affimé qu'il continuerait à lutter pour la démocratie et les autres prisonniers au Vietnam.

"C'est le résultat de la victoire des valeurs démocratiques", a-t-il lancé au milieu de dizaines de ses partisans à l'aéroport de Los Angeles.

"C'est le message le plus clair que nous puissons transmettre aux autres prisonniers politiques qui sont encore dans les prisons communistes (...): ils ne sont pas tout seuls", a-t-il dit en langue vietnamienne, selon la traduction d'un militant.

Le blogueur avait été condamné à 12 ans de prison en septembre 2012 par un tribunal vietnamien qui l'avait accusé de "propagande anti-Etat". Deux autres blogueurs avaient été condamnés respectivement à 10 ans et quatre ans d'emprisonnement.

"Nous saluons la décision des autorités vietnamiennes de libérer ce prisonnier de conscience", avait déclaré mardi la porte-parole adjointe du département d'Etat, Marie Harf.

Les inculpations pour propagande contre l'Etat communiste sont monnaie courante pour condamner les dissidents au Vietnam, un pays qui, selon les associations de défense des droits de l'homme, bafoue de plus en plus la liberté d'expression.

Mme Harf a renouvelé son appel à la libération des autres prisonniers politiques, ajoutant espérer davantage de libérations après celle de Dieu Cay.

Cette libération intervient quelques semaines après la levée partielle d'un embargo de 40 ans sur les ventes d'armes par les Etats-Unis au Vietnam, au motif en partie d'une amélioration des droits de l'homme dans ce pays.

Washington avait annoncé qu'il allait désormais vendre des armes à Hanoï pour sa sécurité maritime, un avertissement très clair à Pékin qui a de graves différends territoriaux en mer de Chine méridionale avec ses voisins d'Asie du Sud-Est.

A l'époque, la porte-parole du département d'Etat Jennifer Psaki avait estimé que le Vietnam aurait "besoin de faire des progrès supplémentaires sur les droits de l'Homme pour envisager une levée complète de l'embargo".

Son ex-femme, Duong Thi Tan, a rapporté sur Radio Free Asia que les autorités vietnamiennes n'avaient pas donné de choix à Hai, qui a été emmené directement depuis sa prison vers l'aéroport, où il a été mis dans un avion en partance vers les Etats-Unis.

"Hai n'a pas pu nous appeler", a-t-elle raconté. "En fait ils n'ont rien dit à sa famille sur sa libération. Il n'y a eu aucun signe. Ils l'ont envoyé en exil, ils ne l'ont pas libéré comme ils l'ont dit".

En mai 2012, M. Obama avait invité la communauté internationale à "ne pas oublier (les journalistes) comme le blogueur Dieu Cay, dont l'arrestation en 2008 a coïncidé avec une vague de répression contre les journalistes au Vietnam".

Nguyen Van Hai, qui a mené une grève de la faim à au moins deux reprises pour protester contre son emprisonnement, était détenu depuis septembre 2008. Il avait été condamné à l'époque à deux ans et demi de prison pour fraude fiscale.

Agence France Presse - 22 octobre 2014


Pas de "prisonnier de conscience" au Vietnam

Au Vietnam, il n'y a pas de soi-disant "prisonnier de conscience", a affirmé la vice porte-parole du ministère vietnamien des Affaires étrangères, Mme Pham Thu Hang.

Répondant le 22 octobre à la question de correspondants sur la sortie de Nguyen Van Hai aux Etats-Unis et la dénomination de ce dernier par le Département d'Etat américain de "prisonnier de conscience", Mme Pham Thu Hang a souligné:

"L'Etat vietnamien a décidé de suspendre provisoirement la mise à exécution de la peine à l'égard de Nguyen Van Hai et l'a autorisé à partir pour les Etats-Unis pour des raisons humanitaires".

Agence Vietnamienne d'Information - 22 Octobre 2014