Le Myanmar Herald Journal, connu pour ses critiques antigouvernementales, est accusé d'avoir "terni l'image" du président, selon un communiqué du ministère de l'Information publié dans la presse pro-gouvernementale.

Le gouvernement envisage ainsi de poursuivre le journal pour diffamation, selon le Conseil de la presse de Birmanie. En octobre, la mort d'un reporter birman lors de sa détention par l'armée dans une zone de conflit dans l'est de la Birmanie avait déjà suscité des inquiétudes, notamment de Washington. Sa femme, qui réclame une enquête sur les circonstances de sa mort, a annoncé son exhumation pour mercredi.

Six journalistes d'un hebdomadaire local ont par ailleurs été condamnés mi-octobre à deux ans de prison pour avoir "diffamé l'Etat". Ils avaient évoqué la possible arrivée au pouvoir d'un gouvernement intérimaire dirigé par le prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi. En juillet dernier, cinq journalistes birmans ont été condamnés à dix ans de prison avec travaux forcés pour un article accusant un complexe militaire de produire des armes chimiques.

Après près d'un demi-siècle au pouvoir, la junte s'était autodissoute en mars 2011, transférant ses pouvoirs à un gouvernement quasi-civil qui a depuis multiplié les réformes, permettant la levée de presque toutes les sanctions occidentales. La censure préalable a notamment été abolie, les quotidiens privés ont été autorisés, et des centaines de prisonniers politiques, dont des journalistes, ont été libérés. Mais des groupes de défense des droits de l'homme se sont inquiétés de nouvelles menaces qui pèsent sur la liberté de la presse, notamment après le lancement de poursuites contre des journalistes, alors que des élections législatives doivent avoir lieu en 2015.

Agence Belga - 4 novembre 2014