Les deux ministres devaient, accompagnés par le chef de la junte le général Prayut Chan-O-Cha, prêter serment devant le plus vieux monarque en exercice vendredi soir avant de prendre leurs fonctions.

Mais le palais a indiqué que l'équipe médicale du roi lui avait déconseillé de maintenir la cérémonie.

«Une équipe de médecins du roi a estimé que le roi n'était pas prêt à recevoir en audience. La date de l'audience royale est donc reportée», a indiqué un communiqué du palais vendredi soir.

Le roi, une figure vénérée pour nombre de ses sujets, à mi-chemin entre le père de la Nation et le demi-dieu, a souffert de divers problèmes de santé au cours des dernières années.

Début octobre, il avait été transporté d'urgence de son palais situé dans le site balnéaire de Hua Hin vers l'hôpital de Bangkok où il avait subi une opération pour une ablation de la vésicule et où il est hospitalisé depuis.

Il a également souffert récemment d’inflammations répétées du côlon traitées par antibiotiques.

Début novembre il avait fait une inhabituelle apparition publique hors de l'hôpital et avait été conduit en fauteuil roulant sur les rives du fleuve Chao Phraya où il s'était recueilli devant une statue de son père, le prince Mahidol.

L'événement a été diffusé par la chaîne de télévision publique Thai PBS.

Une junte militaire est au pouvoir en Thaïlande depuis le coup d'Etat du 22 mai, après la chute du gouvernement de la Première ministre Yingluck Shinawatra, et a reçu l'approbation du roi en août.

Le roi est protégé par une loi de lèse-majesté extrêmement sévère, ayant pour conséquence une importante autocensure des médias, y compris étrangers.

Agence France Presse - 22 novembre 2014


Thaïlande: quand le chef de la junte caresse la tête d'un reporter

Le chef de la junte thaïlandaise Prayut Chan-ocha, connu pour ses déclarations à l'emporte-pièce, a longuement caressé la tête et l'oreille d'un reporter, suscitant hilarité ou consternation sur les réseaux sociaux.

"C'est normal. C'est un geste très amical, une façon de montrer son affection", a commenté le colonel Werachon Sukondhapatipak, porte-parole de la junte, interrogé par l'AFP.

Immortalisée par des télévisions ou des reporters sur leur smartphone, la scène, survenue cette semaine lors d'un voyage en province, a largement circulé, dans ce pays à la liberté de la presse restreinte.

La vidéo de cette scène surprenante, partagée par des dizaines de milliers d'internautes, est notamment visible sur YouTube (https://www.youtube.com/watch?v=TO84V70r_20).

Tout en caressant la tête du reporter, agenouillé devant lui pour laisser ses confrères des télévision filmer ce point-presse improvisé, le général explique ne pas avoir peur des manifestations d'opposition.

"Quand je suis avec des reporters, je suis en sécurité. Personne ne peut me faire de mal, pas vrai?", dit-il, face à des journalistes gênés ou hilares.

Certains internautes y ont vu un geste semblable à celui qu'on a pour "cajoler un chien", d'autres s'interrogeant quant à l'effet sur l'image du général à l'international avec ce geste déplacé.

Dans la culture thaïe, la tête est la partie la plus sacrée du corps et il est impensable de poser sa main sur la tête d'un inconnu en public.

"Mais si les gens se connaissent, c'est un signe d'affection. Parfois, les parents ou les adultes peuvent le faire pour bénir" les enfants, décrypte Jitra Dudsdeemaytha, professeur de psychologie à l'université Srinakharinwirot de Bangkok.

Dans un contexte de restriction des libertés publiques, notamment des médias, le général Prayut a récemment mis en garde les médias qui ne traiteraient pas l'information "de façon constructive".

Il avait suscité en septembre la consternation après des propos sur la sécurité des touristes en bikinis, après le meurtre d'une jeune Britannique sur une plage du royaume.

"Peuvent-elles être en sécurité en bikini (...) à moins de ne pas être jolies?", avait-il plaisanté, avant de devoir présenter ses excuses face au tollé.

Agence France Presse - 21 novembre 2014