L’oppression des populations locales a débouché sur une guerre pour l’indépendance puis sur la reconnaissance du Viêt Nam en tant qu’Etat souverain. La gestation du jeune Etat a été grandement favorisée par le soutien de l’URSS.

Les relations russo-vietnamiennes datent du début du XXème siècle. A cause de sa position stratégique avantageuse, le territoire vietnamien était contesté non seulement par les colonisateurs français avec l’appui des troupes britanniques mais aussi par l’armée japonaise et par les troupes chinoises. Avant même la proclamation de la République démocratique du Viêt Nam en tant qu’Etat indépendant en 1954, l’Union soviétique a énergiquement contribué à la formation de cette dernière, dit le politologue Iouri Tavrovski, professeur à l’Université russe de l’amitié des peuples.

L’Union soviétique a commencé à aider le Viêt Nam dès les années 20-30, à savoir à l’époque de l’Internationale communiste (Komintern). N’oublions pas que Hô Chi Minh, le fondateur du Parti communiste du Viêt Nam et celui de l’Etat vietnamien, était un militant du Komintern, il connaissait bien la langue russe et avait des amis russes. Cela n’est pas moins vrai pour toute une pléiade de révolutionnaires vietnamiens. Certes, l’URSS aidait le Viêt Minh, nom que s’attribuaient les groupes armés de communistes, pendant la guerre contre les Français dans les années 50. Toutefois, cette aide se traduisait plutôt par la formation des spécialistes et par la livraison d’armes. Lorsque l’agression américaine a commencé, l’Union soviétique n’a pas manqué d’accroître fortement son aide militaire.

L’agression américaine au Viêt Nam a marqué une étape à part de la vie de ce pays. La répression, les frappes aériennes massives, les bombes à retardement… Le Viêt Nam avait besoin d’aide et l’URSS lui a apporté une assistance multiforme à temps. Des armes, des avions, des chars et d’autres types de matériel militaire de fabrication soviétique étaient principalement transportés par chemin de fer via la Chine ou par mer, déclare pour sa part Grigori Lokchine, chercheur principal au Centre d’études du Viêt Nam et de l’ASEAN de l’Institut d’Extrême-Orient de l’Académie des sciences de Russie.

Le soutien était apporté dans tous les domaines, en premier lieu dans le domaine militaire. On livrait du matériel et des armes. Nos spécialistes militaires y travaillaient, avant tout les missiliers qui ont protégé avec efficacité Hanoi et d’autres villes du Viêt Nam du Nord. Les Américains y subissaient des pertes colossales parce qu’une artillerie à roquettes livrée par l’URSS y opérait. Des milliers de nos officiers y faisaient part de leur expérience et de leurs connaissances à leurs compagnons d’armes vietnamiens. Tout cela est si profondément gravé dans l’esprit du peuple vietnamien que le Viêt Nam semble actuellement être l’un des rares pays dont la population a gardé une profonde reconnaissance et un sentiment de gratitude à l’égard de la Russie et de ses citoyens.

La Russie et le Viêt Nam développent aujourd’hui une coopération mutuellement avantageuse. Le Viêt Nam est devenu un partenaire asiatique décent de la Russie, notent les experts.

Par Diana Gorshechnikova - Radio La Voix de la Russie - 10 décembre 2014