Lors de la cérémonie, le général cambodgien Num Sovath a souligné la signification de cet institut qui est non seulement un nouveau symbole de la solidarité et de la coopération entre les ministères de la Défense des deux pays, mais aussi un témoignage de leur détermination à développer conjointement leurs ressources humaines.

Selon lui, les aides de l'Armée vietnamienne pour son homologue cambodgienne ont considérablement contribué à la défense de son pays.

Le général a souhaité que le gouvernement et l'Armée populaire du Vietnam continuent d'aider et de soutenir le Cambodge pour contribuer à la garantie de la paix et de la stabilité dans la région comme dans le monde.

Ces dernières années, le Vietnam a aidé le Cambodge dans la formation de ressources humaines en matière d'histoire militaire. Des dizaines de cadres de l'Armée royale du Cambodge ont suivi des formations au Vietnam, participant ainsi au futur développement de l'histoire militaire au Cambodge.

Agence Vietnamienne d'Information - 16 janvier 2015


Chine Cambodge 2015, l’évolution culturelle

Les deux pays n’en finissent plus de renforcer leurs liens économiques et spirituels

L’inauguration de la Résidence culturelle chinoise à Phnom Penh le 31 décembre dernier aurait pu passer totalement inaperçue. Les Cambodgiens et les étrangers, Chinois compris, se préparaient en effet au réveillon du nouvel an international. L’événement, pourtant, est loin d’être anodin.

Ce nouveau lieu de la culture consacre les liens étroits et dynamiques entre les deux pays ce qui n’exclue pas toutefois une vigilance amicale mais ferme entre eux. Mais il y a plus.

Beijing, n’avait pas délégué un quelconque secrétaire d’Etat ou même un sénateur voulant dégourdir ses varices loin du palais du Luxembourg mais monsieur Yang Jiechi, un des membres du conseil d’Etat chinois, l’équivalent du cabinet du président américain. Ancien ministre des Affaires étrangères, Yang est un homme politique et un diplomate très influent. Avec d’autres, il a su tanner le cuir du communisme institutionnel en y combinant les vertus d’un capitalisme conquérant, vertus que lui ont dispensées quelques universités occidentales. Il parle un anglais de compétition, a su en imposer face à Hillary Clinton ou emporter l’adhésion de l’ancien président brésilien Lula. Il a enfin contribué au timide réchauffement entre la France et la Chine après le calamiteux quinquennat précédent. Il a ainsi facilité le bon déroulement du cinquantenaire des relations diplomatiques entre les deux pays.

Ce puissant personnage, n’est donc pas venu à Phnom Penh uniquement pour humer l’ineffable fragrance des frangipaniers. La volonté affichée de placer l’ouverture de la Résidence culturelle chinoise sous l’égide du ministre cambodgien des Affaires étrangères Hor Namhong et du conseiller d’Etat chinois Yang Jiechi est un évènement marquant.

Il s’inscrit dans la détermination de Beijing de constituer un réseau régional sur lequel pouvoir compter, le cas échéant. Des pays souverains acceptent avec plus ou moins de bonne grâce, la suzeraineté économique, l’influence politique et désormais la prééminence culturelle du puissant voisin du Nord. Redessiner une seconde route de la soie, maritime celle-là, en associant l’histoire (Marco Polo, Gengis Khan….), insister sur le développement économique et les profits financiers relèvent d’une décision politique majeure de ce début de 21e siècle. Elle concerne le Cambodge qui souhaite vivement garantir sa croissance pour se mettre à niveau dans la perspective de l’intégration de l’ASEAN 2015.

La Chine a enfin rejoint les autres nations d’archéologues suant le burnous (en fait, le krama pour rester couleur locale) sur les temples angkoriens. Elle préside maintenant avec l’Inde le CIC-Preah Vihear (Comité international de coordination) qui ressemble à celui mis en place en 1993 pour le site d’Angkor et dirigé conjointement par le Japon et la France. Là également, la décision est hautement symbolique ; sont associés la mère patrie du dieu hindou Shiva à qui est dédié le temple et le richissime empire du Milieu, cela avec la bénédiction des Etats-Unis. Du tractopelle au téléphone mobile, la Chine, consacrée première puissance mondiale, entend rappeler qu’elle possède une filiation culturelle de haute naissance. Ce qui l’autorise à tutoyer sans timidité les pays européens sur le pré carré du patrimoine et de l’éducation.

Par Serge Remy - Lepetitjournal.com - 16 janvier 2015