Nous leur avons demandé de coopérer.... S'ils ne comprennent pas, nous les inviterons de nouveau, a déclaré le général Udondej Sritabutr, un des hauts responsables de la junte arrivée au pouvoir par un coup d'Etat en mai 2014.

Plusieurs opposants de premier plan ont été convoqués, notamment Nattawut Saikuar, figure des Chemises rouges, puissant mouvement de soutien populaire à la Première ministre déchue Yingluck Shinawatra.

Nattawut a assuré sur sa page Facebook que les militaires n'avaient pas fait usage d'intimidation lors de cet entretien, mais lui avaient demandé en revanche de cesser de faire des déclarations politiques.

Ces invitations pour réajustement d'attitude, selon la terminologie officielle, ont redoublé depuis qu'un émissaire de Washington a critiqué lundi l'attitude du pouvoir à l'égard de l'opposition et a rencontré l'ex-Première ministre.

S'ils ne se réajustent pas, ces opposants risquent d'être interdits de sortie du territoire, visés par des contrôles fiscaux, voire privés d'accès à leur compte en banque, avait ouvertement prévenu jeudi le chef de la junte, le général Prayut Chan-O-Cha.

Les reporters posant des questions non constructives sont aussi sous la menace de ces entretiens de réajustement, avait ajouté le général Prayut sous couvert de plaisanterie, comme il le fait souvent.

En visite lundi à Bangkok, le secrétaire d'Etat adjoint pour l'Asie Daniel Russel avait déclaré que les poursuites judiciaires lancées contre l'ex-Première ministre Yingluck Shinawatra étaient peut-être politiques.

L'accusation a fait les gros titres des médias et depuis, la junte ne décolère pas, répétant que la loi martiale qui interdit toute manifestation doit rester en vigueur.

L'ambassadeur des Etats-Unis a été convoqué mercredi au ministère des Affaires étrangères après les déclarations de M. Russel. L'Assemblée nationale législative, ersatz de Parlement nommé par la junte, a à son tour invité le diplomate à venir s'expliquer devant elle la semaine prochaine.

Interrogée par l'AFP vendredi, l'ambassade américaine n'a pas souhaité commenter ces nouvelles mesures. La junte s'est émue quant à elle vendredi d'une visite d'un diplomate de l'ambassade américaine dans le nord-est du royaume, bastion des partisans de l'ex-Première ministre.

La junte thaïlandaise est accusée de vouloir éliminer durablement l'influent clan Shinawatra de la scène politique, alors que se pose la question de la succession du roi Bhumibol, âgé de 87 ans, tabou suprême en Thaïlande.

Agence France Presse - 30 janvier 2015