Les protestataires ont jusqu'à 16 heures, heure locale (10 h 30, heure française) pour mettre un terme à leur marche entamée le 20 janvier, a précisé Min Thu Thit, l'un des leaders du mouvement, qui conteste une réforme de l'éducation jugée antidémocratique.

« Nous n'allons pas le faire alors peut-être qu'ils vont sévir, a expliqué M. Min Thu Thit. La police a reçu l'ordre de nous frapper si nous poussons. Mais nous n'allons pas pousser. Nous allons rester ici jusqu'à ce qu'ils acceptent nos demandes », indiquant qu'ils avaient demandé l'autorisation de poursuivre leur marche jusqu'à Rangoun, la capitale économique.

Manifestation illégale

Les autorités birmanes ont depuis le début du mouvement affirmé que la manifestation était illégale, mais elles n'avaient rien entrepris pour empêcher le déroulement de la marche jusqu'à lundi. Ces jeunes militants – dont beaucoup arboraient des bandanas ornés d'un paon, hommage aux étudiants du mouvement de 1988, violemment réprimé – avaient prévu de parcourir les quelque 600 kilomètres qui séparent les deux plus grandes villes du pays, Mandalay et Rangoun. Les étudiants réclament des changements, dont la décentralisation du système éducatif, la possibilité de créer des syndicats, et un enseignement dans les langues de minorités.

Partis de Mandalay en janvier, les manifestants, qui campent dans l'enceinte du monastère d'Aung Myae Baikman, avaient suspendu leur marche la semaine dernière après des négociations avec le gouvernement. Le militantisme étudiant est une importante force politique en Birmanie et les jeunes ont été à la tête de plusieurs soulèvements à l'époque de la junte, dont celui de 1988 qui s'est terminé par une sanglante répression.

Le Monde avec Agence France Presse - 3 mars 2015